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Introduction
La Bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) associe fréquemment des troubles nutritionnels et une baisse du niveau d’activité physique, altérant ainsi la tolérance à l’effort. Notre objectif était d’évaluer la relation entre les paramètres nutritionnels et le niveau d’activité physique et la tolérance à l’effort chez les patients atteints de BPCO.
Méthodes
Etude transversale réalisée lors des consultations externes à l’Hôpital Charles Nicolle de Tunis, entre juillet et décembre 2024, portant sur des patients suivis pour BPCO. L’état nutritionnel a été évalué par l’indice de masse corporelle (IMC), la force musculaire du quadriceps estimée par l’échelle subjective Medical Research Council (MRC), cotée de 0 à 5 et la circonférence musculaire de la cuisse (mesurée à mi-cuisse). L’activité physique a été évaluée par le questionnaire IPAQ (International Physical Activity Questionnaire) qui permet de calculer un score en MET-minutes (équivalent métabolique) par semaine et de classer les patients en niveaux d'activité : faible, modéré ou élevé.
Résultats
Soixante-quatre patients de sexe masculin, d’âge moyen de 63 ±1 an ont été inclus. Le tabagisme actif était noté chez 56,2% des patients (n=36). Treize patients (20,3%) étaient classés BPCO GOLD E. L’IMC moyen était de 22 kg/m² avec 14,3% des patients ayant un IMC inférieur à 18 kg/m². La circonférence moyenne de cuisse était de 41 cm. Selon le score IPAQ, 34,5% des patients étaient actifs, 36,9% modérément actifs et 28,6% inactifs. Une force musculaire plus élevée selon MRC et une circonférence de cuisse plus importante étaient associées à un niveau d’activité plus élevé selon IPAQ (p=0,001 et 0,045 respectivement). Un degré de dyspnée d’effort plus marqué selon l’échelle mMRC (modified Medical Research Council) a été corrélé à un IMC inférieur à 18 Kg/m² (p=0,005) et à une circonférence musculaire réduite de la cuisse (p=0,011).
Conclusion
Les altérations nutritionnelles, en particulier l'atrophie musculaire, sont étroitement liées au niveau d’activité physique et à la tolérance à l’effort chez les patients BPCO. Ces résultats invitent à un dépistage systématique et à une prise en charge multidisciplinaire pour améliorer la qualité de vie de ce groupe de patients.