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Introduction
De l’oxygène supplémentaire est fréquemment ajouté au circuit de ventilation non invasive (VNI) afin d’augmenter la fraction inspirée en oxygène (FiO2). Cependant, la FiO2 dépend de plusieurs facteurs techniques, dont le site d’injection de l’oxygène [1,2]. Cette étude vise à évaluer l’impact du site d’injection de l’oxygène sur la fraction moyenne d’oxygène (FO2) délivrée et sur la qualité de la ventilation en VNI, à l’aide d’un modèle expérimental de haute fidélité et de configurations reflétant la pratique clinique.
Méthodes
Deux ventilateurs de support de vie (Astral 150 et LUISA) ont été testés. L’oxygène a été administré à trois sites d’injection : l’entrée d’oxygène du ventilateur, sur le port inspiratoire (en amont du circuit) et près de l’interface patient (en aval du circuit). Les valeurs de FO2 ont été enregistrées et comparées selon trois configurations de circuit : circuit monobranche avec masque à fuite, circuit monobranche avec valve Whisper, et circuit double branche. Cinq débits d’oxygène ont été testés (2–10 L/min). Les asynchronies patient–ventilateur ont été surveillées et enregistrées. Les données ont été analysées à l’aide d’un modèle linéaire généralisé (GLM), avec des comparaisons post-hoc par tests z sur les moyennes ajustées (EMM) entre sites d’injection d’oxygène, types de circuit et ventilateurs.
Résultats
Un total de 90 simulations ont été réalisées. Les valeurs de FO2 ne différaient pas significativement entre les deux ventilateurs. Dans toutes les configurations, l’injection de l’oxygène au niveau de l’interface patient a systématiquement conduit aux FO2 les plus basses et devrait donc être évitée. À l’inverse, l’oxygène administré via l’entrée d’oxygène du ventilateur ou au port inspiratoire permettait de maintenir des FO2 plus élevées, sans différence significative entre ces deux sites (Figure 1). Les asynchronies patient–ventilateur (classées comme efforts inefficaces) étaient rares et n’ont été observées que dans deux simulations, toutes deux avec le circuit à double branche du ventilateur Astral 150 à un débit d’oxygène de 10 L/min, lorsque l’oxygène était injecté à la fois au port inspiratoire et à proximité du patient.
Conclusion
Le site d’injection de l’oxygène influence de manière significative l’efficacité de l’apport en oxygène au cours de la VNI. L’injection via l’entrée d’oxygène du ventilateur apparaît comme la stratégie la plus efficace dans la majorité des scénarios cliniques, fournissant des valeurs de FO2 comparables à celles obtenues au port inspiratoire, tout en réduisant les asynchronies patient–ventilateur dans la plupart des configurations
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Références
[1] Waugh JB, Waugh RRT JB, De Kler MS RRT RM. Inspiratory Time, Pressure Settings, and Site of Supplemental Oxygen Insertion Affect Delivered Oxygen Fraction with the Quantum PSV Noninvasive Positive Pressure Ventilator. https : //www. researchgate.net/publication/234164492
[2] Thys F, Liistro G, Dozin O, Marion E, Rodenstein DO. Determinants of Fi,O2with oxygen supplementation during noninvasive two-level positive pressure ventilation. European Respiratory Journal. 2002 ; 19(4):653-657. doi : 10,1183/09031936,02,00263102