·
Introduction
La dysfonction diaphragmatique (DD) peut être liée à une atteinte du nerf phrénique, issu des racines C3-C5. L’EMG diaphragmatique est l’examen de référence pour la diagnostiquer. La cervicarthrose est une des causes de DD, peu connue, et qui est le plus souvent paucisymptomatique. L‘objectif de l’étude est de décrire une cohorte de patients présentant une DD liée à une cervicarthrose.
Méthodes
Il s’agit d’une étude observationnelle, rétrospective, cas-témoin, monocentrique, incluant des patients souffrants de DD objectivée par un EMG diaphragmatique, réalisé entre 2009 et 2023, et relus par un expert en pneumologie, et ayant effectué une IRM cervicale relues par 2 experts (un radiologue et un rhumatologue). Les cas étaient définis par une sténose cervicale foraminale significative (C2-C5), ou par une myélopathie cervicarthrosique (MC de C2-C5). Une sténose significative est définie par une sténose de grade 1 ou 2, selon la classification de Kim modifié (1) en 3 grades. L’atteinte sévère est définie par un grade 2 ou une MC. Les témoins avaient une dysfonction diaphragmatique non liée à une cervicarthrose. Les données démographiques, respiratoires, rhumatologiques, et neurologiques ont été collectées.
Résultats
Sur 1008 patients ayant réalisé un EMG diaphragmatique, 38 cas et 54 témoins ont été inclus. Les cas étaient plus âgés (67,5±8,1 vs 57,4±14,2 ans, p< 0,0001), avec un tabagisme plus fréquent (68,4% vs 42,6%, p=0,01) et présentaient une DD plus sévère (Pdi 8,36±4,06 vs 10,11±4,82 ; p=0,09) (Tab 1).
Aucune différence significative n’a été retrouvée sur le plan clinique, ou fonctionnel (EFR). L’EMG des membres supérieurs est peu contributif : 4 patients (16%) ont une atteinte radiculaire prédominant en C5D (même côté que la DD). C4-C5 droit était l’étage le plus fréquemment atteint par une sténose foraminale sévère (50% des cas) (Tab 1).
Au niveau thérapeutique, 44,7% des patients ayant une DD sur cervicarthrose ont eu recours à une ventilation non invasive. Sur le plan rhumatologique, 16% ont eu de la kinésithérapie cervicale, 5,2% des tractions cervicales, 10% des corticoïdes systémiques, 2,6% des infiltrations et 5,2% une intervention chirurgicale.
Conclusion
La cervicarthrose, particulièrement en C4-C5, constitue une des causes de DD. Mais elle ne se distingue pas, sur le plan sémiologique, des autres étiologies de DD. Ceci suggère d’inclure systématiquement une IRM cervicale dans le bilan étiologique, même en l’absence de signe ostéoarticulaire, sans que toute fois les lésions morphologiques soient systématiquement associées à un retentissement respiratoire. Le traitement symptomatique et étiologique reste à codifier et justifie des études supplémentaires.
Références
[1] Acta Radiol. , 2015, 56, 727-32