· Abstracts CPLF 2026

Facteurs associés à la qualité du sommeil chez les patients traités par VNI

Résumé PO01-129
Ben Salah I.*1 ; Gargouri R.1 ; Younes A.2 ; Ghali H.3 ; Msaed S.1 ; Kallel N.1 ; kammoun S.1
1Service de Pneumologie, CHU Hédi Chaker, Sfax ; 2Service de Pneumologie, CHU Fattouma Bourguiba, Monastir ; 3Service de Médecine de travail, Groupement de Médecine du travail, Sousse

Auteur correspondant : Ben salah I. email


Introduction

La ventilation non invasive (VNI) est une technique largement utilisée dans l’insuffisance respiratoire chronique. Si ses bénéfices ventilatoires sont bien établis, son impact sur la qualité du sommeil demeure moins documenté. Ce travail vise évaluer les facteurs influençant la qualité du sommeil chez des patients sous VNI.

Méthodes

Il s’agit d’une étude rétrospective, longitudinale, descriptive, analytique et monocentrique incluant des patients suivis et traités à l’unité du sommeil du service de pneumologie du CHU Hedi Chaker de Sfax, durant la période allant de janvier 2004 à décembre 2023. La qualité du sommeil sous VNI était évaluée par le questionnaire S3 NIV (Non Invasive Ventilation).

Résultats

L’étude a inclus 100 patients traités par VNI au long cours. Une prédominance masculine a été observée, avec une sex-ratio de 1,85. L’âge médian de notre population était de 68 ans avec IIQ : [60-72 ans]. Les patients étaient tabagiques dans 59% des cas (n=59), avec une médiane de 22,5 paquet-année. Les principales indications à la VNI étaient : la bronchopneumopathie chronique obstructive (34%), le syndrome d'obésité-hypoventilation (28%), les dilatations des bronches (12%), l’overlap syndrome (16%) puis les maladies neuromusculaires (8%) et les PID fibrosantes (4%). Les femmes présentaient une meilleure qualité de sommeil (S3 NIV=8,08±2,07 vs 7,12±2,63 ; p=0,001). Les patients âgés de moins de 65 ans avaient également des scores plus élevés (7,61±2,12 vs 7,36±2,68 ; p=0,002). Une bonne tolérance à la VNI était significativement associée à une meilleure qualité de sommeil (7,97±2,56 vs 7,28±2,45 ; p=0,001). En revanche, la bonne observance du traitement n’était pas corrélée à une amélioration significative (OR=0,646 ; IC95% [0,317–1,317] ; p=0,229). La présence de DDB semblait associée à une meilleure qualité du sommeil (OR=1,326 ; IC95% [0,974–1,806] ; p=0,073), sans atteindre le seuil de significativité. Les scores moyens « sommeil et effets secondaires » variaient selon la pathologie : DDB (9,16 ; IIQ [8,3–10]) présentaient les meilleurs résultats, suivis du SOH (7,44±2,27), de la cyphoscoliose (8,3 ; IIQ [6,43–9,62]) et de la BPCO (7,32±2,68), tandis que les patients atteints de MNM (6,24±2,77) et de PID fibrosantes (6,65±2,33) avaient les scores les plus faibles.

Conclusion

La qualité du sommeil sous VNI est influencée par le sexe, l’âge et la tolérance au traitement, mais non par l’observance. Les patients atteints de DDB semblent bénéficier d’une amélioration plus marquée, tandis que ceux atteints de MNM et de PID fibrosantes conservent une qualité de sommeil réduite. Ces résultats soulignent l’hétérogénéité de l’impact de la VNI selon le profil des patients et l’importance d’une prise en charge individualisée.


Ben Salah I. * ; Gargouri R. * ; Younes A. * ; Ghali H. * ; Msaed S. * ; Kallel N. * ; kammoun S. *
*Déclarent ne pas avoir de lien d'intérêt en rapport avec ce résumé.