· Abstracts CPLF 2026

Réhabilitation respiratoire et BPCO : synergie efficace pour une meilleure qualité de vie

Résumé PO01-128
Jellam S.*1 ; Ijim M.1 ; Fikri O.1 ; Amro L.1
1Service de Pneumologie, Hôpital ARRAZI, CHU Mohammed VI, Laboratoire LRMS, FMPM, UCA, MARRAKECH, Maroc

Auteur correspondant : Jellam S. email


Introduction

La réhabilitation respiratoire constitue un volet thérapeutique important dans la prise en charge des maladies respiratoires chroniques, en particulier la BPCO. Elle consiste en un ensemble de programmes incluant réadaptation à l’effort, exercice physique quotidien, éducation thérapeutique, nutrition, sevrage tabagique et soutien psychologique visant à améliorer la qualité de vie des patients et à promouvoir leur santé globale. Le but de notre étude est d’évaluer la qualité de vie des patients BPCO après intégration de la réhabilitation respiratoire comme intervenant indispensable dans leur prise en charge.

Méthodes

Il s’agit d’une étude descriptive prospective portant sur 32 patients suivis pour BPCO au sein du service de pneumologie du CHU de Marrakech. Étude menée sur 6 mois après démarrage du programme de réhabilitation respiratoire à domicile. Ce programme a comporté des séances régulières de marche supervisées, d’exercices de renforcement musculaires, de kinésithérapie respiratoire ainsi qu’un accompagnement à l’éducation thérapeutique et au sevrage tabagique. Les critères d’inclusion étaient des patients classés dans les groupesÀ et B selon GOLD. Une enquête a été menée auprès des patients colligés, en présentiel et par appels téléphoniques afin d’évaluer leurs retours en termes d’adhésion, de satisfaction et d’impact sur la qualité de vie. Tous les patients ont bénéficié d’une évaluation cardiaque à l’effort avant l’initiation du programme, permettant d’adapter l’intensité et la sécurité des exercices proposés.

Résultats

Trente-deux patients ont été retenus après satisfaction des critères d’inclusion. La moyenne d’âge était de 56,3 ans avec une prédominance masculine (93%). La majorité des patients était des fumeurs toujours actifs au recrutement. Seize patients disposant de smartphones ont utilisé des applications de suivi pour quantifier le nombre de pas/j et la durée d’exercice quotidienne. Tous les patients colligés ont été coopérants et intéressés par le programme de RR avec une adhésion élevée à la marche quotidienne entre 15-30 min/j chez 96% des patients, l’exercice physique d’endurance chez 60% des patients (montée d’escaliers, utilisation du vélo pendant 15-20min/j, et renforcement musculaire intéressant membres supérieurs et inférieurs). La kinésithérapie respiratoire de désencombrement bronchique était majoritairement indiquée chez 56% des patients avec des expectorations pluriquotidiennes. Tous les patients ont bénéficié d’un soutien psychologique lors des séances de suivi et de contrôle. Après 8 semaines, on note une amélioration globale et significative chez la plupart des patients. Le test de marche de 6 min s’est amélioré d’une moyenne de +60 mètres chez 80%. Les patients ayant un score de CAT < 20% sont passés de 46% au recrutement à 85% au terme de l’étude. Le score de Saint-Georges évaluant la qualité de vie s’est amélioré chez 75%. Une nette amélioration de la dyspnée selon le score de mMRC a été décrite chez 79%. Parmi les patients fumeurs, un arrêt complet de tabac chez 6 patients, alors que 22 patients ont réduit leur consommation quotidienne. Tous les patients de notre série ont exprimé un degré de satisfaction majeur au terme de l’étude.

Conclusion

L’activité physique et la réhabilitation respiratoire ont montré une efficacité très significative au terme de la prise en charge des patients atteints de BPCO. La mise en place d’un programme, même avec des interventions simples mais qui sont structurées et reproductibles à domicile, avec un suivi digital minimal, a prouvé des bénéfices cliniques sur la dyspnée, la tolérance à l’effort et la qualité de vie. Intégrer les patients comme intervenants essentiels dans la prise en charge de leur maladie constitue un levier majeur pour optimiser l’efficacité des soins.


Jellam S. * ; Ijim M. * ; Fikri O. * ; Amro L. *
*Déclarent ne pas avoir de lien d'intérêt en rapport avec ce résumé.