· Abstracts CPLF 2026

Enquête sur la qualité de vie des patients sous oxygénothérapie de longue durée au service de pneumologie au CHU de Marrakech

Résumé PO01-127
El Mouden M.*1 ; Ijim M.1 ; Fikri O.1 ; Amro L.1
1Service de Pneumologie, Hôpital Arrazi, CHU Mohammed VI, Laboratoire LRMS, FMPM, UCA, Marrakech, Maroc

Auteur correspondant : El Mouden M. email


Introduction

L’oxygénothérapie de longue durée (OLD) est un traitement essentiel de l’insuffisance respiratoire chronique. elle s’accompagne souvent de contraintes physiques, psychologiques et sociales susceptibles d’altérer la qualité de vie (QdV). Le but de notre travail était d’évaluer le vécu et la perception des patients sous OLD, ainsi que leurs profils cliniques, fonctionnels et gazométriques.

Méthodes

Il s’agit d’une étude transversale descriptive menée entre janvier 2024 et janvier 2025 au service de pneumologie du CHU de Marrakech portant sur les patients sous OLD depuis au moins six mois. Les données ont été recueillies à l’aide d’un questionnaire standardisé distribué aux patients et complété lors des consultations et hospitalisations. Les variables étudiées concernaient les caractéristiques sociodémographiques, les pathologies respiratoires sous-jacentes, l’ancienneté et l’observance de l’oxygénothérapie, le confort d’utilisation, la dyspnée (échelle mMRC), la capacité fonctionnelle (test de marche de six minutes), la gazométrie à l’air ambiant après 30 min de sevrage, et la qualité de vie (EQ-5D-5L), l’état psychologique (HADS).

Résultats

Notre étude a inclut 65 patients sous OLD, l’âge médian des patients était de 66 ans avec des extrêmes allant de 27 à 84 ans. Le sexe masculin était prédominant, représentant 62% de l’échantillon. La durée médiane d’oxygénothérapie était de 30 mois et le débit moyen administré de 2,1 L/min. Concernant la répartition étiologique, la broncho-pneumopathie chronique obstructive représentait 50% des cas, la fibrose pulmonaire idiopathique dans 20%, la pneumopathie d’hypersensibilité fibrosante chez 15% des patients, la dilatation des bronches compliquée d’insuffisance respiratoire chronique 10% des cas et le poumon séquellaire post-infectieux dans 5% des cas. L’observance à l’oxygénothérapie, définie par une utilisation≥15 heures par jour, était retrouvée chez 72% des patients. Le confort d’utilisation des dispositifs était jugé satisfaisant avec un score moyen de 6,8 sur 10. La dyspnée sévère (mMRC≥3) concernait 70% des patients. La capacité fonctionnelle, mesurée par le test de marche de six minutes, montrait une distance moyenne parcourue de 325±95 m à l’air ambiant. Sur le plan gazométrique, tous les patients présentaient une hypoxémie avec une PaO₂ moyenne de 52±7 mmHg, tandis qu’une hypercapnie (PaCO₂>45 mmHg) était observée chez 40% des cas avec une valeur moyenne de 46±8 mmHg. La saturation artérielle moyenne était de 86%. La qualité de vie, évaluée par l’EQ-5D-5L, était altérée dans l’ensemble de la population avec un score moyen de 0,60±0,17. Elle apparaissait plus compromise chez les patients atteints de fibrose pulmonaire idiopathique (0,52) et de BPCO (0,57). Des troubles anxio-dépressifs significatifs (score HADS≥8) étaient mis en évidence dans 41% des cas. Enfin, 65% des patients rapportaient des limitations majeures dans leurs activités quotidiennes et 43% déclaraient souffrir d’un isolement social lié à l’oxygénothérapie.

Conclusion

Cette étude met en évidence une association entre OLD et altération de la QdV, particulièrement en FPI et BPCO. Les résultats montrent également la fréquence des désordres gazométriques, reflet de la sévérité de l’insuffisance respiratoire. Ces données plaident pour une approche globale, intégrant la réhabilitation respiratoire, l’accompagnement psychologique et l’optimisation des modalités de l’oxygénothérapie à domicile.


EL Mouden M. * ; Ijim M. * ; Fikri O. * ; Amro L. *
*Déclarent ne pas avoir de lien d'intérêt en rapport avec ce résumé.