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Résumés CPLF 2026 

Activité physique et maladies respiratoires chroniques : enjeux, freins et leviers de la pratique chez des patients marocains

Résumé PO01-123
Baani G.*1 ; Abrar S.1 ; Farhat S.1 ; Halloumi O.1 ; Abdala S.1 ; Serhane H.1
1Service de Pneumologie, CHR Hassan II, CHU Souss-Massa, Laboratoire LARISS FMPA, Université Ibn Zohr, Agadir, Maroc

Auteur correspondant : Baani G. 


Introduction

Les maladies respiratoires chroniques affectent significativement la qualité de vie. L’activité physique, reconnue pour ses bénéfices fonctionnels et psychosociaux, reste insuffisamment pratiquée dans notre contexte. Cette étude vise à évaluer la pratique, les perceptions, ainsi que les obstacles à l’activité physique chez ces patients au CHR Hassan II d’Agadir, afin de mieux cibler les interventions pour augmenter leur autonomie et améliorer leur qualité de vie.

Méthodes

Sur une période de six mois, de janvier à juin 2025, un questionnaire structuré a été distribué en consultation pneumologique externe au CHR Hassan II d’Agadir. Les items portaient sur la pratique et perception de l’AP, les freins et motivations, la connaissance de l’activité physique adaptée (APA), ainsi que sur les données sociodémographiques, cliniques, et les types d’activités pratiquées.

Résultats

L’étude a inclus 120 patients avec un âge moyen de 64 ans et une prédominance masculine (65%).

Les pathologies principales étaient la BPCO, l’asthme, la dilatation des bronches (DDB) et la maladie pulmonaire interstitielle diffuse (PID). Trente-cinq pour cent des patients bénéficiaient d’une oxygénothérapie. Soixante-six pour cent résidaient en milieu urbain, néanmoins la pratique d’activité physique était plus élevée en milieu rural.

Vingt-sept pour cent des patients rapportaient pratiquer une AP quotidienne d’au moins 30 minutes. La marche était l’activité la plus commune, suivie des exercices d’étirement et de renforcement musculaire, ainsi que la montée progressive d’escaliers. L’AP était considérée bénéfique et non dangereuse par 88% des patients. Toutefois, 44% ignoraient l’existence de l’APA, en particulier en zone rurale (56%). Ces patients méconnaissaient majoritairement les bénéfices (72%) et la sécurité (69%) de l’activité physique et pratiquaient peu ou pas d’AP.

Parmi les obstacles majeurs identifiés figuraient la sévérité de la maladie, la fatigue, les douleurs articulaires, le manque d’encadrement professionnel et l’absence de structures adaptées.

Les motivations principales à poursuivre l’AP étaient le maintien de l’autonomie, la connaissance de ses effets positifs et le plaisir ressenti lors de la pratique. Les leviers les plus cités pour encourager la pratique étaient la prescription médicale d’APA (88%), la prise en charge financière (87%) et la disponibilité d’enseignants spécialisés (86%).

Conclusion

Bien que les bénéfices de l’activité physique soient globalement reconnus, sa pratique reste insuffisante, en particulier en milieu urbain et chez les patients non informés de l’APA. Il est nécessaire de faciliter l’accès à des programmes adaptés intégrant prescription médicale, éducation thérapeutique et soutien financier pour améliorer la qualité de vie et l’autonomie des patients atteints de maladies respiratoires chroniques.


Baani G. * ; Abrar S. * ; Farhat S. * ; Halloumi O. * ; Abdala S. * ; Serhane H. *
*Déclarent ne pas avoir de lien d'intérêt en rapport avec ce résumé.

 


Avec le soutien institutionnel du laboratoire GlaxoSmithKline GSK