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Introduction
La détresse respiratoire aiguë (DRA) est une urgence médicale grave, caractérisée par une insuffisance respiratoire sévère pouvant compromettre le pronostic vital. Elle survient dans de multiples pathologies respiratoires aiguës. Au-delà des conséquences physiologiques, la DRA peut s’accompagner de séquelles psychologiques importantes, telles que l’anxiété et la dépression. Cette étude a pour objectif d’évaluer la prévalence et les facteurs associés à ces troubles chez des patients hospitalisés pour DRA au CHR Hassan II d’Agadir.
Méthodes
Une étude prospective a été menée de mars 2024 à mars 2025, incluant 180 patients admis au service de pneumologie pour DRA. Un questionnaire anonyme a recueilli les données sociodémographiques, cliniques et thérapeutiques. L’échelle HADS, validée en arabe marocain, a permis l’évaluation de l’anxiété et de la dépression. Une analyse descriptive suivie d’une analyse univariée a été réalisée avec Jamovi 2,6,26, le seuil de significativité étant fixé à p < 0,05.
Résultats
L’âge moyen était de 55±15 ans, avec un sex-ratio homme/femme de 1,2. Soixante pour cent des patients résidaient en milieu urbain, 70% étaient mariés. Soixante pour cent étaient analphabètes, 20% avaient un niveau scolaire supérieur.
Les principales pathologies associées étaient l’exacerbation aiguë de BPCO (35%), la pneumonie aiguë communautaire grave (30%) et la crise d’asthme sévère (20%).
La prévalence de l’anxiété était de 45% (IC 95% : 38–52), majoritairement chez les femmes (55% vs 35%), les patients âgés de plus de 60 ans (50% vs 40%), les patients d’origine rurale (52% vs 40%), les sans emploi (58% vs 32%) et les mariés (48% vs 42%).
La prévalence des symptômes dépressifs était de 35% (IC 95% : 28–42).
L’anxiété était significativement plus présente chez les patients analphabètes (50%) que chez ceux ayant un niveau scolaire supérieur (30%) (p=0,03).
Conclusion
L’étude met en évidence la fréquence importante d’anxiété et de dépression chez les patients hospitalisés pour DRA, notamment chez les femmes, patients ruraux, analphabètes et atteints d’exacerbation aiguë de BPCO. Un dépistage systématique et une prise en charge adaptée de ces troubles psychologiques sont indispensables pour améliorer le pronostic et la qualité de vie.