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Introduction
La dyspnée d’effort touche jusqu’à 70% des patients atteints de bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), alors que les options thérapeutiques restent limitées. Chez le sujet sain, un effort respiratoire excessif induit une production de cytokines, dont l’interleukine 6 (IL-6), susceptible d’influencer le contrôle ventilatoire. Dans la BPCO, la ventilation non invasive (VNI) au cours de l’exercice semble soulager la dyspnée et moduler l’inflammation. La composition corporelle pourrait également influencer ces réponses.
Méthodes
Quinze hommes atteints de BPCO sévère ont réalisé deux sessions de 15 minutes d'exercice sur cycloergomètre à puissance constante selon un schéma en plan croisé : une avec une aide inspiratoire élevée (>10 cmH2O) dans l'objectif de soulager la dyspnée et une avec une aide inspiratoire fictive (=5 cmH2O). La dyspnée a été évaluée par l’échelle de Borg et le Profil Multidimensionnel de la Dyspnée. Les biomarqueurs (IL-1, IL-6, TNFα, IL-10, IL-8, adiponectine, leptine) ont été dosés au repos, à la fin de l'effort et 45 minutes après l'effort. La composition corporelle a été analysée par impédancemétrie bioélectrique et par la force de préhension.
Résultats
Les participants avaient un âge médian de 73 ans et un IMC de 27 kg/m², 6 présentaient des critères de sarcopénie. L'aide inspiratoire élevée réduisait significativement l’intensité de la dyspnée (p=0,02), l’inconfort respiratoire (p=0,005) et la réponse émotionnelle (p=0,01). L’IL-6 augmentait significativement 45 minutes après les séances avec aide fictive (p=0,003), mais pas avec l'aide inspiratoire élevée. La concentration basale en IL-6 corrélait à l’augmentation du score de Borg (r=0,60) et le TNFα basal à la 'soif d’air' (r=0,82), l’inconfort (r=0,89) et la réponse émotionnelle (r=0,80). La masse grasse, la masse maigre et les adipokines n’influençaient pas les scores de dyspnée ni les variations de cytokines.
Conclusion
Ces résultats suggèrent que l'aide inspiratoire élevée réduit l’intensité mais également les dimensions sensorielles et affectives de la dyspnée d’effort chez les hommes atteints de BPCO et soulignent une possible implication de l’état inflammatoire basal sur la perception du signal dyspnéique.