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Résumés CPLF 2026 

Complexité thérapeutique et exacerbations de broncho-pneumopathie chronique obstructive : résultats de l’étude PHARMACOPD

Résumé CO03-14
Chachulski A.*1 ; Parrain L.1 ; Génin M.2 ; Cadart L.2 ; Cortot A.3 ; Rouzic (le) O.4,6 ; Lambert M.5 ; Décaudin B.1,7 ; Odou P.1,7 ; Masse M.1,7 ; Perez M.1
1Institut de Pharmacie, CHU de Lille, Lille, France ; 2Département de Santé Publique : Épidémiologie et Qualité des Soins, CHU de Lille, Lille, France ; 3Service d'Oncologie Thoracique, CHU de Lille, Lille, France ; 4Service de Pneumologie, CHU de Lille, Lille, France ; 5Service de Médecine Polyvalente, CHU de Lille, France ; 6Pneumologie, Université de Lille, Lille, France ; 7Groupe de Recherche sur les formes Injectables et les Technologies Associées, Université de Lille, Lille, France

Auteur correspondant : Chachulski A. 


Introduction

La broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO) est une pathologie respiratoire fréquente, responsable de nombreuses exacerbations et hospitalisations. Dans un contexte de multimorbidité, les patients atteints de BPCO reçoivent souvent des traitements complexes. Si la polymédication est un facteur de risque reconnu d’évènements indésirables, la complexité des schémas thérapeutiques — évaluée par l’indice de complexité du traitement médicamenteux (MRCI, Medication Regimen Complexity Index) — pourrait représenter un marqueur plus pertinent du fardeau thérapeutique. Peu d’études ont exploré l’impact de cette complexité sur le risque d’exacerbations.

Méthodes

L’étude PHARMACOPD est une étude de cohorte prospective observationnelle monocentrique menée au CHU de Lille entre décembre 2023 et février 2025. Les patients inclus étaient hospitalisés pour BPCO avec obstruction confirmée (rapport de Tiffeneau < 0,7). Le MRCI a été calculé à partir du traitement à domicile des patients et catégorisé selon une complexité faible (score < 15), modérée (score entre 15 et 24) ou élevée (score>25). Le critère principal était l’association entre complexité thérapeutique et survenue d’au moins une exacerbation sévère (hospitalisation) au cours des 12 derniers mois. Le critère secondaire était l’association avec la survenue d’au moins 2 exacerbations. Des régressions logistiques multivariées ont été ajustées sur les covariables pertinentes.

Résultats

Sur 315 patients inclus (âge moyen 67,5±10,3 ans ; 65% d’hommes), 85% étaient polymédiqués (5 médicaments quotidiens ou plus), dont 44% de façon excessive (10 ou plus). Le MRCI moyen était de 26,4±12,7. Au total, 170 (54%) et 178 (56,5%) des patients ont présenté respectivement au moins une exacerbation sévère et au moins 2 exacerbations au cours de l’année précédant l’inclusion. Le MRCI n’était pas associé aux exacerbations sévères isolées, mais l’était significativement aux exacerbations fréquentes (OR complexité modérée : 2,67 [1,22–5,81], p=0,0136 ; complexité élevée : 3,25 [1,55–6,82], p=0,0018). La polymédication (≥5 et≥10 médicaments) était également associée au risque accru d’exacerbations fréquentes. Aucune association n’a été retrouvée entre les modalités de prise (préparation, administration, observance) et la fréquence ou la sévérité des exacerbations.

Conclusion

Au-delà du nombre de médicaments, la complexité des traitements est un facteur de risque indépendant d’exacerbations fréquentes chez les patients BPCO hospitalisés. L’évaluation systématique du MRCI pourrait améliorer la stratification du risque et guider des interventions de simplification thérapeutique. Ces résultats soulignent le rôle clé des pharmaciens hospitaliers dans l’optimisation des prises en charge. Des études interventionnelles sont nécessaires pour évaluer l’impact d’une réduction ciblée de la complexité thérapeutique sur le pronostic des patients.


Chachulski A. * ; Parrain L. * ; Génin M. * ; Cadart L. * ; Cortot A. * ; Rouzic (le) O. * ; Lambert M. * ; Décaudin B. * ; Odou P. * ; Masse M. * ; Perez M. *
*Déclarent ne pas avoir de lien d'intérêt en rapport avec ce résumé.

 


Avec le soutien institutionnel du laboratoire GlaxoSmithKline GSK