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Résumés CPLF 2026 

Influence des hormones sexuelles féminines sur l'évolution de la sarcoïdose

Résumé AD01-60
Bussiere J.*1 ; Maillard A.2 ; Uzunhan Y.1 ; Bouvry D.1 ; Didier M.1 ; Sese L.1 ; Valeyre D.1 ; Nunes H.1 ; Jeny F.1


Auteur correspondant : Bussière J. 


Introduction

La sarcoïdose est une maladie rare, d’étiologie inconnue, dont l’incidence varie notamment avec le sexe, avec un pic de survenue chez la femme autour de la ménopause. Certaines études suggèrent un rôle immunomodulateur des hormones sexuelles féminines dans la maladie : chez les femmes noires américaines un âge tardif de ménopause pourrait être associé à une diminution de l’incidence de la sarcoïdose, et il existe des cas rapportés de rémission pendant la grossesse et de rechute en post-partum. Si certains facteurs d’évolution vers une forme chronique ont été identifiés, l’évolution de la maladie reste peu prévisible. L’objectif de notre étude était d’étudier l’influence des hormones sexuelles féminines sur l’évolution de la sarcoïdose.

Méthodes

Cette étude a inclus des patientes de sexe biologique féminin ayant eu un diagnostic de sarcoïdose entre 2014 et 2023, suivie depuis au moins 2 ans et consultant à Avicenne pour le suivi de leur maladie. Nous avons recueilli les données relatives à la sarcoïdose sur dossier médical et portant sur l’exposition aux hormones sexuelles endogènes et exogènes via un questionnaire dirigé. Nous avons classé l’évolution de la maladie en utilisant le Clinical Outcome Statut (COS) à 2 ans et 5 ans (ref): évolution favorable (maladie ne requérant pas de traitement) si le score était compris entre 1 et 6 et défavorable (persistante nécessitant un traitement entre 7 à 9). Nous avons recherché si il existait une association entre les données d’exposition hormonale et d’évolution via des tests de Wilcoxon et Fisher puis par méthode de Zou en ajustant sur l’âge, l’origine géographique et le niveau de vie estimé par le revenu annuel.

Résultats

Entre juin 2024 et juin 2025, 96 patientes âgées en moyenne de 52,1 ans ont été inclues, dont 28 dans le groupe favorable et 58 dans le groupe défavorable. Un âge de ménarche plus tardif était associé à un COS à 2 ans favorable (14±0,4 contre 12,7±0,2 ans, p=0,02, aRR 0,56 IC(0,36 ;0,88), p=0,01) tandis que la période d’activité génitale était comparable (31,96±1,5 contre 31,27±2,7 années, p=0,8). Par ailleurs, l’âge au cours de la première grossesse était plus tardif dans le groupe favorable (27±1,3 vs 25,4±0,6 ans, p=0,03) mais cette association disparaissait après ajustement. À 5 ans du diagnostic, la mesure du COS était favorable en cas d’âge de première grossesse plus tardif (29,1±1,8 vs 25,3±0,7 ans, p=0,02), un faible nombre de grossesse (1,6±0,4 contre 2,4±0,2, p=0,03) et un faible nombre d’enfants allaités (0,6±0,2 vs 1,9±0,2, p=0,03). L’âge de ménopause, et l’utilisation ou non de traitements hormonaux n’étaient pas associés à une évolution favorable ou défavorable à 2 et 5 ans.

Conclusion

Les hormones sexuelles féminines pourraient exercer un rôle sur l’évolution de la sarcoïdose. Entre autres, une diminution d’exposition aux hormones sexuelles pourrait favoriser la survenue d’une forme chronique. Cette étude devra être complétée par des études prospectives permettant de mieux quantifier les expositions, en prenant en compte d’autre facteurs environnementaux, notamment les perturbateurs endocriniens.

Références

[1] Am J Epidemiol. 2012 ; 176 : 635-41.

[2] Sarcoidosis Vasc Diffuse Lung Dis. 2011 ; 28 : 56-64.


Bussiere J. * ; Maillard A. * ; Uzunhan Y. * ; Bouvry D. * ; Didier M. * ; Sese L. * ; Valeyre D. * ; Nunes H. * ; Jeny F. *
*Déclarent ne pas avoir de lien d'intérêt en rapport avec ce résumé.

 


Avec le soutien institutionnel du laboratoire GlaxoSmithKline GSK