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Introduction
Les données de population concernant l'incidence et la mortalité des pneumopathies interstitielles diffuses (PID) chez les patients atteints de connectivite sont limitées. L'objectif de l'étude était d'évaluer l'incidence et la mortalité des patients atteints de connectivite avec une PID, progressive ou non, par rapport aux patients atteints de connectivite sans PID associée.
Méthodes
Etude réalisée sur les patients atteints de connectivite à partir de la base de données française du système national des données de santé (SNDS), qui contient des données pseudonymisées pour plus de 67 millions d'habitants. Les patients atteints de polyarthrite rhumatoïde (PR), de syndrome de Sjögren primaire (SSP), de connectivite mixte (MCTD), de lupus érythémateux disséminé (LED), de myopathie inflammatoire idiopathique (MII), et de sclérodermie systémique (ScS), ont été identifiés dans le SNDS à l’aide des codes des affections de longue durée et/ou CIM10. L’algorithme utilisé pour les PID progressives était basé sur celui utilisé par Nasser et al, 2021, à partir de l’âge, du diagnostic et de la consommation de soins. Un modèle de Cox multivarié a été établi pour estimer le risque de mortalité des patients atteints de connectivite avec une PID associée, progressive ou non progressive, par rapport aux patients atteints de connectivite sans PID associée.
Résultats
Au total, 228 388 patients atteints de connectivite ont été identifiés : 178 434 patients atteints de PR, 24328 de LED, 10946 de ScS, 8746 de SSP, 5242 de MII et 692 de MCTD. L'âge moyen± SD au moment de l'identification de la connectivite variait entre 46,1±17,2 pour le LED et 63,4±16,6 pour le SSP. La proportion de patients atteints de connectivite et présentant une PID associée variait entre 2,0% pour la PR et 36,8% pour la MII. Parmi les patients atteints de connectivite avec PID, la proportion de ceux qui présentaient une PID progressive variait entre 20,2% pour les MII et 39,6% pour le SSP. La proportion de patients pour lesquels la PID a été identifiée plus de 6 mois avant le diagnostic de connectivite variait de 18,9% (MII) à 27,2% (SSP) et la proportion de patients pour lesquels la PID a été identifiée plus de 6 mois après le diagnostic de connectivite variait de 16,9% (MII) à 44,2% (PR). Après ajustement sur l’âge et le sexe, une augmentation significative de la mortalité a été observée chez les patients atteints de connectivite avec PID associée comparativement à ceux présentant une connectivite sans PID associée ; cette augmentation étant encore plus marquée chez les patients avec une PID progressive (Figure).
Conclusion
Les résultats de cette étude montrent qu’il existe un risque important de mortalité associé à la PID et à la PID progressive chez les patients atteints de connectivite. Ces résultats justifient des recommandations de stratégies de dépistage, de diagnostic et de suivi de la pneumopathie interstitielle diffuse chez les patients atteints de connectivite.
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Références
Nasser et al. Respir Res 2021 ; 22 : 162.