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Introduction
La réadaptation respiratoire (RR) est reconnue pour améliorer la dyspnée et la qualité de vie des patients atteints de pneumopathies interstitielles diffuses (PID) fibrosantes. En revanche, son impact potentiel sur la survie des patients reste controversé.
Méthodes
Nous avons mené une étude rétrospective monocentrique incluant des patients porteurs d’une PID fibrosante ayant suivi un programme structuré de RR. Celui-ci associait des exercices d’endurance, de renforcement musculaire et des séances d’éducation thérapeutique. Le statut nutritionnel était défini selon les recommandations HAS. Un bénéfice était défini en fin de RR par une amélioration de la dyspnée d’au moins 1 point selon l’échelle mMRC ou par un gain d’au moins 30 m parcourus lors du test de marche de 6 minutes (TM6). La survie a été analysée selon le bénéfice de la RR (bénéfice vs absence de bénéfice).
Résultats
Nous avons inclus 73 patients, dont 20 femmes, d’âge médian 65 ans (IQR 55-71), suivis sur une période médiane de 15 mois (IQR 5-25). Les principaux diagnostics étaient la fibrose pulmonaire idiopathique (25%) et les PID associées aux connectivites (25%). Un quart des patients recevaient un traitement antifibrosant et 40% une oxygénothérapie de longue durée. La moitié de la population était admise en RR au décours immédiat d’une hospitalisation en pneumologie, l’autre moitié ayant une RR programmée au décours d’une consultation. La RR était réalisée en hospitalisation conventionnelle pour 74% des patients et en ambulatoire pour 26% des patients. La durée médiane de la RR était de 4 semaines (IQR 3-5). À l’inclusion, les patients présentaient une CVF et une DLCO respectivement à 71% (IQR 58-79) et 38% (IQR 27-54) de la valeur prédite. La distance médiane initiale parcourue au TM6 était de 255 m (IQR 124-404) avec une saturation minimale médiane à 85% (IQR 81-89). À l’issue de la RR, un bénéfice était observé chez 50 patients (76%), avec un gain médian de 72 m (IQR 39-102) au TM6. Un bénéfice de RR était associé à une meilleure performance initiale au TM6 (267 m vs 110 m ; p=0,023) et à une prévalence initiale moindre de dénutrition (34% vs 69% ; p=0,014). Lors du suivi, 30 patients (41%) sont décédés. En analyse multivariée, après ajustement sur l’âge, la CVF initiale, le type de PID et la distance initiale au TM6, le bénéfice de la RR demeurait significativement associée à une réduction du risque de décès (HR=0,05 ; p< 0,001).
Conclusion
Le bénéfice d’une réadaptation respiratoire, qu’il s’agisse d’une amélioration clinique ou d’un gain de performance, apparait comme un facteur pronostique indépendant de survie dans les PID fibrosantes. De futurs travaux restent nécessaires pour définir les stratégies de réentraînement les plus efficaces et les profils de patients qui en bénéficieront le plus.