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Introduction
Chez un patient présentant une fibrose pulmonaire idiopathique (FPI) légère à modérée confirmée, il est recommandé d’instaurer un traitement par antifibrosant (AF), en choisissant entre les deux molécules actuellement disponibles : la pirfénidone ou le nintédanib. Toutefois, la progression de la maladie ou une intolérance au premier AF peut conduire à la prescription d’un second AF, soit par remplacement (switch), soit par association des deux traitements (bithérapie). Peu d’études se sont intéressées à l’évolution des patients après la mise en place d’un second AF. L’objectif de ce travail était de comparer l’efficacité et la tolérance en vie réelle du second AF chez les patients atteints de FPI suivis au Centre Hospitalier Régional Universitaire de Tours.
Méthodes
Il s’agit d’une étude rétrospective monocentrique incluant 86 patients atteints de FPI, diagnostiqués entre janvier 2013 et janvier 2025, ayant reçu successivement les deux AF. Les patients ont été répartis en trois groupes : switch pour progression de la FPI (SwP ; n=26), switch pour intolérance au premier AF (SwI ; n=41), et bithérapie pour progression de la FPI (BiP ; n=15).
Résultats
Au moment du diagnostic, les caractéristiques cliniques, fonctionnelles et scanographiques étaient comparables entre les trois groupes. La survie globale après la prescription du second AF était significativement meilleure dans les groupes SwI et BiP comparativement au groupe SwP (p=0,021), avec des médianes de survie respectives de 28 mois (SwI), 32 mois (BiP) et 13 mois (SwP). L’évolution de la capacité vitale forcée (CVF) après introduction du second AF ne montrait pas de différence significative entre les groupes. De même, il n’existait pas de différence significative entre les trois groupes concernant le nombre d’intolérances (p=0,148) ou leur intensité (p=0,201) après l’instauration du second AF.
Conclusion
Nos résultats suggèrent qu’en cas de progression de la FPI, la bithérapie pourrait être associée à une meilleure survie qu’un simple switch. Par ailleurs, l’arrêt du premier AF pour intolérance ne semble pas augmenter le risque d’intolérance au second AF