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Introduction
La COVID-19 se caractérise par une évolution hétérogène, allant de formes asymptomatiques ou bénignes à des formes sévères. L’identification de biomarqueurs pertinents pourrait contribuer à une prise en charge précoce et ciblé des patients.
Méthodes
L’objectif de notre travail était d’évaluer la sensibilité et la spécificité de différents marqueurs biologiques de l’inflammation : la CRP, le rapport neutrophile/Lymphocyte (NLR), le rapport CRP/Lymphocyte (CLR) et le rapport plaquette lymphocyte (PLR) dans la prédiction de l’évolution clinique des patients atteints de COVID-19.
Résultats
Nous avons mené une étude descriptive, analytique, et longitudinale type cohorte rétrospective, réalisé au sein du service de Pneumologie la Rabta sur une période de huit mois. Un total de 300 patients atteints de COVID-19 a été inclus. La population étudiée était répartie en deux groupes selon l’évolution clinique : un premier groupe (G1) regroupant les patients ayant présenté une évolution défavorable, et un second groupe (G2) composé de ceux ayant évolué favorablement. Résultats : L’analyse univariée a mis en évidence plusieurs facteurs significativement associés à l’évolution défavorable de la COVID-19. Parmi ceux-ci figuraient l’âge avancé (p=0,009), la présence de dyspnée (p=0,024), une saturation initiale en oxygène à l’air ambiant abaissée (p < 0,001), un taux d’hémoglobine bas (p=0,022), une atteinte radiologique>50% du parenchyme pulmonaire (p=0,020), la lymphopénie (p=0,002), l’élévation des D-dimères (p=0,049). Concernant les biomarqueurs, le NLR était significativement plus élevé chez les patients du groupe G1 (p=0,023). Un rapport PLR élevé était également corrélé à une forme grave (p=0,001), tout comme le rapport CLR (P=0,039). L’analyse des courbes ROC a révélé que le NLR présentait la meilleure spécificité (86%). L’analyse de la survie a démontré que les patients ayant un NLR≥10,4 présentaient une survie moyenne significativement plus courte (20 vs 26 jours, p=0,026). De même, une CRP≥134 mg/L (p=0,01) et un CLR≥21 (p=0,002) étaient associés à une réduction de la survie, tandis qu’un PLR élevé n’était pas significativement lié au pronostic vital.
Conclusion
Nos résultats suggèrent que la numération formule sanguine, en tant qu’examen simple, accessible et peu couteux, pourrait constituer un outil précieux dans la prise en charge de la COVID-19. En identifiant précocement les patients à risque d’évolution défavorable, elle permettrait d’optimiser l’orientation thérapeutique et d’adapter les ressources médicales de manière plus efficiente.