·
Introduction
Les exacerbations aiguës de BPCO sont une cause majeure d’hospitalisation, entraînant une forte morbidité et accélérant la dégradation respiratoire. L’identification rapide de leur étiologie est essentielle pour ajuster le traitement et limiter l’usage inapproprié des antibiotiques. La PCR multiplex, en détectant rapidement un large éventail de virus et bactéries respiratoires, pourrait améliorer la prise en charge. Ce travail évalue son apport diagnostique et son impact thérapeutique dans les EA-BPCO hospitalisées.
Méthodes
Il s’agit d’une étude rétrospective menée au service de pneumologie du CHU Mohammed VI, portant sur les patients hospitalisés pour EA-BPCO entre janvier et juillet 2025.
Résultats
Nous avons inclus 65 patients. L’âge moyen des patients était de 67 ans, avec une prédominance masculine (80%). La majorité étaient des ex-fumeurs (47,7%) ou fumeurs actifs (36,9%), avec une moyenne de 35 paquets-années. Les comorbidités les plus fréquentes étaient l’hypertension artérielle (46%), le diabète (26%), les dilatations de bronches (17%) et la cardiopathie (14%). Le VEMS post-bronchodilatateur moyen chez les patients ayant une spirométrie antérieure était de 42% de la valeur théorique. Le délai médian de rendu de la PCR multiplex était de 3 heures. Un agent pathogène a été identifié chez 59 patients (90,8%). La PCR a détecté au moins un virus respiratoire chez 44 patients (67,7%), les plus fréquents étant le rhinovirus/entérovirus (14 cas), l’influenza A/B (9 cas), le virus respiratoire syncytial (7 cas), le SARS-CoV-2 (6 cas), le métapneumovirus humain (5 cas) et le parainfluenza (3 cas). une infection bactérienne a été objectivée chez 26 patients (40%), principalement Haemophilus influenzae (9 cas), Streptococcus pneumoniae (6 cas), Pseudomonas aeruginosa (6 cas), Moraxella catarrhalis (3 cas) et entérobactéries (2 cas). Des co-infections virus + bactérie ont été observées chez 11 patients (16,9%). Ainsi, 33 patients (50,8%) présentaient une étiologie virale isolée, 15 (23,1%) une étiologie bactérienne isolée, 11 (16,9%) une co-infection, et seulement 6 (9,2%) aucun agent identifié. La PCT était < 0,25 ng/mL dans 69,7% des cas viraux isolés, contre 15,4% des cas bactériens, et la CRP était plus élevée dans les infections bactériennes ou mixtes. 58 patients (89,2%) avaient reçu une antibiothérapie empirique à large spectre. L’obtention rapide des résultats de PCR, associée aux données de PCT, a conduit à L’arrêt complet de l’antibiothérapie chez 10 des 33 patients présentant une étiologie virale isolée, une désescalade vers un antibiotique à spectre plus étroit chez 9 patients (13,8%), et la poursuite de l’antibiothérapie inchangée chez 29 patients (44,6%), principalement dans les formes à étiologie bactérienne confirmée ou en co-infection. Par ailleurs, l’identification d’agents comme l’influenza, le RSV ou le SARS-CoV-2 a permis la mise en place immédiate de mesures d’isolement chez 22 patients (33,8%).
Conclusion
Cette étude souligne la valeur ajoutée de la PCR multiplex dans la prise en charge des exacerbations aiguës de BPCO. Réalisée précocement, elle permet de détecter rapidement un large éventail d’agents infectieux, souvent d’origine virale, et de limiter l’exposition inutile aux antibiotiques. L’intégration systématique de cet outil diagnostique, en association à la PCT et aux méthodes conventionnelles, favorise une thérapeutique plus ciblée, réduit le risque de résistance bactérienne et optimise les mesures d’isolement.