· Abstracts CPLF 2026

Concordance entre l'indice de masse maigre et la force de préhension pour évaluer la dénutrition chez les patients atteints de fibrose pulmonaire idiopathique

Résumé PO23-558
Lebeau A.*1 ; Martineau C.1 ; Rousseau C.3 ; Jouneau S.1,2 ; Chauvin P.1 ; Kerjouan M.1
1Centre de référence des Maladies rares Pulmonaires, CHU Pontchaillou, Rennes, France ; 2IRSET, Institut de recherche en santé, environnement et travail, UMR 1085, Université de Rennes, Rennes, France ; 3Centre d'investigation clinique, INSERM 1414, CHU Pontchaillou, Rennes, France

Auteur correspondant : Lebeau A. email


Introduction

La fibrose pulmonaire idiopathique (FPI) est une maladie rare avec un déclin inéluctable de la fonction respiratoire et un pronostic sombre. La dénutrition est fréquente et est associée à plus de décès et d'hospitalisations1,2. Cette étude visait à évaluer la concordance entre l'indice de masse maigre (FFMI : Fat Free Mass Index) mesuré par bio-impédancemétrie électrique et la force de préhension mesurée par le handgrip.

Méthodes

Etude transversale, en consultation de pneumologie au CRMR adulte de Rennes de mai 2024 à juin 2025, inclusion consécutive de tous les patients stables atteints de FPI. Dénutrition définie par un FFMI (kg/m²) < 17 (hommes) ou < 15 (femmes) ou un résultat au handgrip < 26kg (homme≤69 ans) ou < 27kg (homme≥70 ans) ou < 16kg (femme). Collection de différentes données : tabagisme, indice de masse corporelle (IMC), évaluation de la prise alimentaire (EPA), la profession et les troubles musculosquelettiques des membres supérieurs, CVF, DLCO, distance au test de marche, oxygène, clairance de la créatinine, hémoglobine, NT-proBNP, albumine, pré-albumine, CRP, fibrinogène.

Résultats

135 patients ont été inclus, répartis en fonction des résultats du handgrip et du FFMI, respectivement pathologique (patho)/ patho n=10, patho/normal n=11, normal/patho n=20, normal/normal n=94, soit une prévalence de dénutrition toute technique confondue de 41/135=30,4%. 62% des femmes étaient dénutries contre 21% des hommes (p< 0,0001). L’âge moyen du groupe normal/normal était 72,4±7,4 ans contre 81,1±4,5 ans pour patho/patho (p< 0,001). Dans les catégories patho/patho et FFMI pathologique, les femmes étaient plus nombreuses, respectivement 60% et 55%. La distance au test de marche était nettement plus importante pour le groupe normal/normal : 405,1±111,3m, contre respectivement dans les trois autres groupes 263,8±172,8m, 256±84,2m, 341,3±160,4m (p=0,0119). 26% des patients dénutris étaient sous oxygène, contre 5% des patients non dénutris (p=0,0119). Le taux moyen d’albumine était de 36,5g/L dans tous les groupes pathologiques et de 39g/L dans le groupe sain (p=0,0033), sans différence significative pour la pré-albumine. Les NT-proBNP étaient plus élevés dans le groupe où le handgrip était pathologique avec 970,6±848,2pg/mL, dans le groupe où les deux étaient pathologiques : 709,2±444,8pg/mL, lorsque seul le FFMI était pathologique : 389,7±528,1pg/mL (p< 0,0001). Le taux moyen de fibrinogène était de 3,5g/L dans le groupe sain, contre 4,2g/L dans les trois autres groupes (p=0,0002). La concordance entre le handgrip et le FFMI était faible à modérée avec un coefficient Kappa=0,26.

Conclusion

Le handgrip ou le FFMI seul ne permet pas de diagnostiquer tous les patients dénutris et atteints de FPI. Ce temps infirmier pour réaliser les deux examens contribue à un temps d’échange important avec le patient pour déceler les besoins quant à l’activité physique, un suivi nutritionnel particulier ou une détresse psychologique. Des études supplémentaires sont nécessaires pour mieux caractériser la population dénutrie selon le handgrip ou le FFMI afin d'améliorer encore la prise en charge de nos patients.

Références

[1] Nutrition 62, 2019 : 115-121

[2] Nutrition 41, 2022 : 1335-1342


Lebeau A. * ; Martineau C. * ; Rousseau C. * ; Jouneau S. * ; Chauvin P. * ; Kerjouan M. *
*Déclarent ne pas avoir de lien d'intérêt en rapport avec ce résumé.