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Introduction
Le lavage bronchoalvéolaire (LBA) constitue un examen complémentaire incontournable dans l’exploration des pneumopathies infiltratives diffuses (PID), dont l’hétérogénéité étiologique rend le diagnostic particulièrement complexe. Réalisé au cours de la fibroscopie bronchique, il permet une analyse cytologique et immunologique du contenu alvéolaire, apportant des arguments précieux pour orienter le diagnostic. Le but de notre travail vise à préciser l’apport du LBA dans l’évaluation étiologique des PID au CHU de Marrakech.
Méthodes
Nous rapportons une étude rétrospective descriptive menée au service de pneumologie du CHU Mohammed VI de Marrakech, incluant les patients hospitalisés entre janvier 2024 et juillet 2025 pour Bilan étiologique de PID et ayant bénéficié d’un LBA.
Résultats
Notre étude a inclut 150 patients hospitalisés pour bilan étiologique de PID. L’âge moyen des patients était de 52 ans avec des extrêmes de 32 à 78 ans et une prédominance féminine (sex-ratio H/F=0,7). Sur le plan clinique, la dyspnée d’effort était le symptôme principal retrouvé chez 63% des patients, suivie de la toux sèche dans 43%, des arthralgies dans 15% et de la xérostomie dans 14%. L’imagerie thoracique en haute résolution montrait un verre dépoli diffus dans 31% des cas, un aspect en rayon de miel dans 25%, des adénopathies médiastinales dans 17%, des nodules périlymphatiques dans 12% ainsi qu’un aspect en mosaïque avec piégeage expiratoire dans 10%. La pléthysmographie objectivait un trouble ventilatoire restrictif dans 45% des cas associé à une diminution de la capacité pulmonaire totale. Le LBA révélait un liquide clair dans 71% des cas, hématique dans 9%, trouble dans 15% et laiteux dans 5%, dont un cas typique de protéinose alvéolaire. Une hypercellularité supérieure à 50 000 éléments était observée chez 49% des patients, avec une prédominance lymphocytaire dans 37% et une éosinophilie alvéolaire dans 8%. Une inversion du rapport CD4 /CD8 était notée dans 22 cas. Enfin, le score de Golde était positif chez trois patients, confirmant le diagnostic d’hémorragie alvéolaire diffuse. Les principales étiologies retenues étaient les pneumopathies d’hypersensibilité (35%), la sarcoïdose (23%), les atteintes pulmonaires des connectivites (18%), la fibrose pulmonaire idiopathique (15%), le poumon éosinophile (6%), l’hémorragie alvéolaire diffuse (2%), ainsi qu’un cas de protéinose alvéolaire.
Conclusion
Le LBA, associé à l’imagerie HRCT et aux explorations fonctionnelles, représente un outil clé dans l’approche diagnostique des PID. Il a permis dans notre série non seulement de conforter les diagnostics les plus fréquents (PHS, FPI, connectivites), mais aussi d’identifier des affections plus rares comme l’hémorragie alvéolaire et la protéinose alvéolaire, confirmant son rôle central dans la prise en charge de ces patients.