· Abstracts CPLF 2026

Impact des pneumopathies interstitielles diffuses fibrosantes sur la qualité de vie : première étude prospective algérienne

Résumé PO23-564
Lalami FZ.*1 ; Chabane K.*2 ; Hakkar L.*1 ; Bougherara A.*1 ; Gharnaout M.*1
1Service de Pneumo-Phtisiologie et d'Allergologie A Matiben - CHU Benimessous- Université des sciences de la santé - Département de Médecine - Alger -Algerie ; 2Service de Médecine préventive établissement public Hospitalier de Tipaza- Algerie

Auteur correspondant : Lalami FZ. email


Introduction

Les pneumopathies interstitielles diffuses fibrosantes (PIDF) représentent un défi diagnostique et thérapeutique majeur avec un impact sur la qualité de vie QdV. Dans ce contexte, nous avons conduit la première étude algérienne prospective et longitudinale dédiée à cette thématique, visant à évaluer l’impact des PIDF sur la QDV.

Méthodes

Étude prospective et longitudinale menée au CHU Benimessous (Alger-Algérie) entre janvier 2021 et décembre 2023, incluant 124 patients atteints de PIDF confirmées par TDM-HR, avec analyse clinique incluant principalement la QdV (SGRQ et HADS) et des principaux déterminants fonctionnels, morphologiques et étiologiques.

Résultats

Notre étude retrouve les résultats suivants : un sex-ratio de 1,7 homme pour 2 femmes et un âge moyen de 61,57±11,24 ans (63,75±11,69 chez les hommes et 59,72±10,59 chez les femmes). Le délai moyen entre l’apparition des symptômes et la première consultation en centre spécialisé était de 27,15±24,26 mois. Dès l’inclusion, les patients présentaient une qualité de vie altérée : Score HAD global : 20,43±5,20 (anxiété : 11,00±2,95 ; dépression : 9,40±2,82). SGRQ : score total moyen de 52,54±19,48, avec des sous-scores : symptômes (40,15±19,18), activités (69,06±21,93) et impact (47,08±22,57). L’évolution longitudinale a montré une détérioration significative de la QDV durant le suivi, avec une atteinte plus marquée du domaine “activités” du SGRQ, traduisant l’aggravation du handicap fonctionnel. La CVF moyenne initiale était de 63,27±18,73%, évoluant vers 59% à 18 mois, soit un déclin de 4,44% (p=0,02). Des corrélations significatives ont été observées : Corrélation négative entre CVF et SGRQ (r=-0,302 ; p=0,0001). Corrélation négative faible mais significative entre CVF et HAD (r=-0,17 ; p=0,05). La distance moyenne parcourue au TM6 était de 307,5±129,85 m. Près de 43% des patients ont parcouru moins de 300 m dès l’inclusion. À 18 mois, la distance chutait à 225,37 m, confirmant le caractère progressif et invalidant de la PIDF. Une désaturation à la 3e minute observée dans 57,3% des cas. L’analyse morphologique retrouve une prédominance de PINS fibrosantes, suivies d’aspects compatibles avec une PIC. L’atteinte radiologique moyenne dépassait 20% de la surface pulmonaire, seuil reconnu comme facteur de mauvais pronostic. Une corrélation positive a été retrouvée entre l’étendue des lésions radiologiques et la sévérité de la dyspnée et du SGRQ. Les principales étiologies étaient par ordre de fréquence : les connectivites, la FPI, la sarcoïdose, les Pneumopathies d’hypersensibilité (PHS) dans leur forme chronique fibrosante.

Au terme du suivi, le taux de mortalité était de 11,4%. Les facteurs prédictifs de mauvais pronostic identifiés à l’analyse multivariée étaient : le sexe masculin, la sévérité de la dyspnée, une saturation percutanée basse, la survenue d’une hypertension pulmonaire (HTP), l’évolution vers une forme rapidement progressive (FPP), et/ou vers une insuffisance respiratoire chronique. L’HTP a été retrouvée chez 36% des patients, fortement associée à la mortalité (85,7% des patients décédés en présentaient, contre 29,4% des survivants, p < 0,001). Cette association défavorable est concordante avec les séries internationales, qui rapportent une prévalence de l’HTP autour de 30–50%. L’évolution vers une fibrose pulmonaire progressive (FPP) a concerné environ 20% des patients, mais représentait 50% des cas chez les décédés contre 16,5% chez les survivants (p=0,003). Enfin, la FPI était marquée par une aggravation dans 63% des cas, tandis que les connectivites montraient une stabilisation dans 48%. Les PID inclassables évoluaient défavorablement dans 53% des cas, reflétant leur complexité.

Conclusion

Au-delà des aspects médicaux, les PIDF imposent une souffrance psychologique et sociale nécessitant une prise en charge globale qui associe au suivi clinique et fonctionnel une attention particulière à la qualité de vie et au soutien psychosocial des patients et de leurs proches. Ce défi, constitue un enjeu majeur de santé publique, justifiant le renforcement du dépistage précoce, la mise en place de circuits de soins connus de tous ainsi que la diffusion d’une approche multidisciplinaire centrée sur le patient.


Lalami FZ. * ; Chabane K. * ; Hakkar L. * ; Bougherara A. * ; Gharnaout M. *
*Déclarent ne pas avoir de lien d'intérêt en rapport avec ce résumé.