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Introduction
Le syndrome d’apnées obstructives du sommeil (SAOS) est une pathologie fréquente et souvent silencieuse, aux conséquences majeures sur la santé. Le rôle des médecins de première ligne est crucial pour son dépistage et sa prise en charge. L'objectif de cette étude est d'identifier les facteurs influençant les connaissances des praticiens en matière du SAOS.
Méthodes
Il s’agit d’une étude rétrospective, transversale et analytique de type « connaissances, attitudes et pratiques » (CAP), menée entre août 2023 et janvier 2024 au service de pneumologie de l’hôpital Charles Nicolle. L’enquête s’est appuyée sur un questionnaire homogène, anonyme et spécifiquement conçu pour cette étude. Ont été inclus les médecins de première ligne exerçant dans des structures hospitalo-universitaires ou des centres de santé de base. Le score global des connaissances (SGC) a été calculé, utilisé pour classer le niveau de connaissances des participants en trois catégories : faible, moyen et élevé.
Résultats
Nous avons inclus 384 participants, avec un âge moyen de 29,6±4,5 ans et une prédominance féminine (genre-ratio : 0,42). La majorité exerçait dans un centre de santé de base (79,2%) et était constituée majoritairement de résidents en médecine (77,1%). La durée moyenne de passage en pneumologie était de 2,3 mois. Le niveau de connaissance était considéré moyen pour la majorité des participants (63%). Le SGC moyen était de 9,2±3,3. En analyse univariée, le SGC était significativement associé à plusieurs facteurs : la durée du stage en pneumologie (p=0,002), le grade (les médecins diplômés avaient un score plus élevé que les résidents ; p=0,003), le nombre de patients suivis pour SAOS (p< 0,0001) et la formation complémentaire dans ce domaine (p< 0,0001). En analyse multivariée, trois variables restaient indépendamment associées à un meilleur SGC : la durée du stage (OR=1,6 ; p=0,009), le grade (OR=3 ; p=0,003) et la formation spécifique en SAOS (OR=3,3 ; p=0,001). Une association similaire a été observée avec le niveau de connaissances, avec en plus une faible association avec l’âge (>30 ans ; p=0,005) et une forte association avec le genre, toutes les participantes ayant un niveau de connaissances élevé étaient des femmes (p< 0,0001).
Conclusion
Cette étude montre que le niveau de connaissance sur le SAOS chez les médecins de première ligne reste globalement moyen et nécessite d’être amélioré. L’exposition clinique, le grade et la formation spécifique sont des facteurs déterminants. Des stratégies pédagogiques ciblées sont nécessaires pour renforcer les compétences et améliorer le dépistage précoce de cette pathologie.