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Résumés CPLF 2026 

Troubles du sommeil chez les travailleurs de nuit : une étude transversale

Résumé PO11-327
Ben Salah I.*1 ; Fehri S.1 ; Bader S.1 ; Abdelhedi H.1 ; Kammoun N.2 ; Tallaa H.1 ; Msaad S.1 ; Moussa N.1 ; Kammoun S.1
1Service de Pneumologie, CHU Hédi Chaker Sfax ; 2Service de Médecine de Travail de Tunis

Auteur correspondant : Ben salah I. 


Introduction

Le sommeil est une période de repos essentielle au maintien d’un bon fonctionnement mental et physique. Plusieurs facteurs, comme le travail posté, peuvent perturber sa durée et son rythme en interférant avec l’horloge biologique. Le travail de nuit, de plus en plus répandu dans les sociétés modernes, entraîne fréquemment un désalignement entre le rythme circadien et le cycle veille-sommeil, générant d’importantes répercussions sur la santé et le bien-être.

L'objectif de cet étude est d'évaluer l’impact du travail de nuit sur la qualité du sommeil chez les travailleurs tunisiens, estimer la prévalence des troubles du sommeil dans cet échantillon et identifier les facteurs associés à une mauvaise qualité de sommeil.

Méthodes

Étude transversale réalisée à l’aide d’un questionnaire en ligne auprès de travailleurs de nuit âgés de 18 ans et plus. Les dimensions explorées comprenaient la qualité du sommeil, la vigilance diurne, l’humeur et le bien-être subjectif, évalués grâce aux versions arabes validées d’outils standardisés, qui sont respectivement : Pittsburgh Sleep Quality Index (PSQI), Insomnia Severity Index (ISI), Epworth Sleepiness Scale (ESS), Patient Health Questionnaire-9 (PHQ-9) et World Health Organization-Five Well-Being Index (WHO-5).

Résultats

Parmi 503 travailleurs de nuit, tunisiens, âgés de 25 à 64 ans, une proportion importante présentait des troubles du sommeil. Une mauvaise qualité de sommeil (PSQI>5) a été rapportée par 59,4%, tandis que 13,7% souffraient d’insomnie (ISI>15). La prévalence de l’insomnie sévère, de la somnolence diurne excessive, de la dépression sévère et d’un faible bien-être était respectivement de 2%, 32,6%, 4% et 58,3%. une mauvaise qualité du sommeil était indépendamment associée à l’IMC (OR=1,66 ; IC95% [0,77–3,5] ; p=0,193), au tabagisme actif (OR=2,2 ; IC95% [1,07–4,5] ; p=0,031), à la consommation de repas riches en graisses (OR=1,4 ; IC95% [0,8–2,3] ; p=0,13), à l’utilisation d’hypnotiques (OR=4,3 ; IC95% [1,5–12,3] ; p=0,005), à la sinusite (OR=4,2 ; IC95% [1,5–11,3] ; p=0,004), aux troubles gastro-intestinaux (OR=2,5 ; IC95% [0,8–7,8] ; p=0,11) ainsi qu’à un faible score de bien-être (OR=3,8 ; IC95% [2,3–6,2] ; p < 0,001).

Conclusion

La contrainte du travail de nuit, perturbe significativement le rythme circadien, entraînant une altération de la qualité du sommeil et des conséquences sur la santé mentale, physique, et reproductive, avec même des risques sécuritaires et accidentologiques. Des recherches futures sont nécessaires pour mieux comprendre le lien complexe entre travail posté, sommeil et santé mentale, et pour explorer des stratégies de prévention et d’atténuation de ces effets délétères.


Ben Salah I. * ; Fehri S. * ; Bader S. * ; Abdelhedi H. * ; Kammoun N. * ; Tallaa H. * ; Msaad S. * ; Moussa N. * ; Kammoun S. *
*Déclarent ne pas avoir de lien d'intérêt en rapport avec ce résumé.

 


Avec le soutien institutionnel du laboratoire GlaxoSmithKline GSK