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Résumés CPLF 2026 

Insomnie et travail de nuit : prévalence et facteurs associés chez 503 travailleurs tunisiens

Résumé PO11-325
Ben Salah I.*1 ; Fehri S.1 ; Badr S.1 ; Khemakhem R.1 ; Kammoun N.2 ; Msaed S.1 ; Gargouri R.1 ; kammoun S.1
1Service de Pneumologie, CHU Hédi Chaker ,Sfax ; 2 Service de Médecine de travail, Institut de santé et de sécurité au travail , tunis

Auteur correspondant : Ben salah I. 


Introduction

L’insomnie est l’un des troubles du sommeil les plus fréquents chez les travailleurs de nuit, avec des répercussions majeures sur la santé physique, psychologique et la qualité de vie. L’objectif de ce travail était d’évaluer la prévalence de l’insomnie et d’analyser ses associations avec les caractéristiques socio-démographiques, la qualité du sommeil, la somnolence diurne et l’état psychologique.

Méthodes

Étude transversale menée auprès de travailleurs de nuit tunisiens âgés de 25 à 64 ans. L’insomnie a été évaluée à l’aide de l’Insomnia Severity Index (ISI), où elle est modérée à sévère si le score est≥15. Les autres dimensions étudiées incluaient le bien-être (WHO-5), l’humeur dépressive (PHQ-9), la qualité du sommeil (PSQI) et la somnolence diurne (ESS).

Résultats

Il s’agissait de 503 travailleurs. La prévalence globale de l’insomnie modérée à sévère était de 13,7%. Elle était plus marquée chez les patients âgés de 25 à 34 ans (56,5%), les femmes (56,5%), les sujets résidant en milieu urbain (92,8%), les individus diplômés (82,6%), les employés de bureau (85,3%) ainsi que les travailleurs du secteur de la santé (63,2%). L’analyse statistique n’a pas mis en évidence d’association significative avec le sexe (p=0,85), l’indice de masse corporelle (p=0,087) ou le statut marital (p=0,116). En revanche, l’insomnie était significativement associée à un faible niveau de bien-être (WHO-5 < 50 ; p < 0,001), à une humeur dépressive sévère (PHQ-9≥20 ; p < 0,001), à une mauvaise qualité du sommeil (PSQI>5 : 95,7% ; p < 0,001) et à une somnolence diurne excessive (ESS≥11 : 55,1% ; p < 0,001). Plusieurs variables prédictives d’insomnie ont été identifiées : la présence d’enfants de moins de 6 ans (OR=2,5 ; IC95% [0,6–9,6] ; p=0,154), l’usage chronique d’hypnotiques (OR=4,1 ; IC95% [1,2–13,7] ; p=0,02), le diabète (OR=65,78 ; IC95% [7,35–588,77] ; p < 0,001), les troubles gastro-intestinaux (OR=3,37 ; IC95% [0,779–14,588] ; p=0,104), les antécédents d’infection à la COVID-19 (OR=9,58 ; IC95% [1,51–60,81] ; p=0,017) ainsi qu’un score WHO-5 abaissé (OR=3,5 ; IC95% [1,54–8,12] ; p=0,003).

Conclusion

L’insomnie touche une proportion importante de travailleurs de nuit, particulièrement les plus jeunes, les femmes, les diplômés et les professionnels de santé. Elle est significativement associée à une mauvaise qualité du sommeil, à une altération du bien-être et à la présence d’une humeur dépressive. Ces résultats soulignent l’importance d’un dépistage systématique et d’une prise en charge précoce de l’insomnie dans cette population à risque.


Ben Salah I. * ; Fehri S. * ; Badr S. * ; Khemakhem R. * ; Kammoun N. * ; Msaed S. * ; Gargouri R. * ; kammoun S. *
*Déclarent ne pas avoir de lien d'intérêt en rapport avec ce résumé.

 


Avec le soutien institutionnel du laboratoire GlaxoSmithKline GSK