· Abstracts CPLF 2026

Apnée obstructive du sommeil : connaissances, attitudes et pratiques des médecins généraliste de Souss Massa

Résumé PO11-324
Errami N.*1 ; Serhane H.2
1Laboratoire de recherche et d'innovation en science de la santé, faculté de Médecine d'Agadir, Université Ibn Zohr, Agadir, Maroc. ; 2Service de Pneumologie, CHU Souss Massa, FMPA, Agadir, Maroc

Auteur correspondant : Errami N. email


Introduction

Le syndrome d'apnée du sommeil (SAOS) est un trouble respiratoire caractérisé par la survenue répétée d'épisodes d'obstruction des voies aériennes supérieures durant le sommeil. Il constitue un facteur de risque indépendant de nombreuses affections cardiovasculaires, métaboliques, et neurocognitives. Son identification précoce représente un enjeu majeur pour l'amélioration de la qualité de vie.

L’objectif de cette enquête est d’évaluer le niveau de connaissances et attitudes des médecins généralistes de Souss Massa sur le SAOS.

Méthodes

Étude observationnelle transversale à visée descriptive, menée du 15 juillet au 15 août 2025 auprès de médecins généralistes. Les données ont été recueillies à partir de leurs déclarations, au moyen d’un questionnaire auto-administré, remis en main propre ou diffusé sous format numérique.

Résultats

Nous avons retenu 144 questionnaires, dont 68,1% étaient des femmes. L’âge moyen était de 39,3±11,1 ans. 34,7% des médecins exerçaient depuis moins de 5 ans, et 27,8% depuis plus de 10 ans. 45,8% des médecins savaient que le SAOS est plus fréquent chez l’homme, et une majorité (66,7%) le considérait comme un problème de santé publique. Cependant, seulement 41% se déclaraient capables de reconnaître les symptômes (p=0,3 selon l’ancienneté). L’obésité était identifiée comme facteur de risque majeur par 86,1%, et la somnolence diurne excessive comme symptôme classique par 58,3%. La majorité (69,4%) confirmait que le SAOS constitue une cause de complications cardiovasculaires, tandis que seuls 27,8% rapportaient des conséquences sur la santé mentale. La polysomnographie était citée comme examen de référence par 73,6% des répondants, dont la majorité était composée de jeunes médecins, et la CPAP était considérée comme traitement de choix par 59,7% (p < 0,001). 75,7% jugeaient la formation médicale insuffisante, et les contraintes de temps en consultation constituaient une barrière pour l’exploration du SAOS dans la même proportion (p=0,04). 68,6% des médecins estimaient que la prise en charge devait relever de spécialistes. Fait notable, la majorité des médecins (84%) exprimait le souhait de bénéficier d’une formation complémentaire sur le SAOS (p=0,03). Les principales sources de connaissances étaient la formation initiale à la faculté (50,7%), la lecture personnelle (56,3%) et la formation continue (38,2%). Seuls 25,7% connaissaient les questionnaires de dépistage validés, avec l’échelle d’Epworth (23,6%) en tête, suivie du STOP-Bang (10,4%) et du questionnaire de Berlin (9,7%). Enfin, seuls 26,4% des médecins connaissaient la disponibilité d’un enregistrement du sommeil dans leur région (p=0,4).

Conclusion

Les connaissances et pratiques des médecins généralistes concernant le SAOS restent limitées, soulignant ainsi la nécessité de renforcer la formation initiale et continue afin d’optimiser le dépistage et la prise en charge de ce syndrome au Maroc.


Errami N. * ; Serhane H. *
*Déclarent ne pas avoir de lien d'intérêt en rapport avec ce résumé.