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Introduction
Les antifibrosants améliorent la survie des patients, mais uniquement si le patient poursuit le traitement au long cours. Cette étude nationale visait à évaluer la persistance des traitements antifibrosants en France, avec une stratification régionale.
Méthodes
À partir de la base de données du Système National des Données de Santé, tous les patients ayant débuté un traitement antifibrosant entre 2019 et 2021 en France ont été identifiés, et leur taux de persistance jusqu’à la transplantation pulmonaire, le décès ou la fin de l’étude (31 décembre 2022[VC1]) ont été calculés. L’arrêt du traitement a été défini comme l’absence de nouvelle dispensation dans les 60 jours suivant la dernière exposition enregistrée. [VC1]31/12/2022 si besoin de raccourcir
Résultats
Au total, 4 935 patients ont été inclus, dont 69,7% avec une fibrose pulmonaire idiopathique (FPI), 5,0% avec une pneumopathie interstitielle diffuse associée à une sclérodermie systémique (SSc-ILD), et 25,3% avec d'autres diagnostics. Les patients ont reçu du nintédanib (n=3 351, 67,9%) ou de la pirfénidone (n=1 584, 32,1%). À 12 mois, la persistance était de 68,1% pour le nintedanib et de 61,3% pour la pirfénidone. Une diminution de la persistance d’environ 15% a été observée entre les mois 6 et 12, suivie d’un déclin plus lent, atteignant à 30 mois 53,1% pour le nintédanib et 50,7% pour la pirfénidone. Des disparités régionales dans les taux de persistance ont été observées : à 12 mois, la persistance avec le nintédanib était la plus faible en Bourgogne–Franche-Comté (52%), tandis que la pirfénidone présentait une persistance réduite dans plusieurs régions de l’ouest et du sud, notamment le Centre–Val de Loire (55%), les Pays de la Loire (56%), la Nouvelle-Aquitaine (51%) et la région PACA (52%).
Conclusion
Cette étude en vie réelle, couvrant 99% de la population française, a mis en évidence qu’un tiers des patients traités par antifibrosants ont interrompu leur traitement au cours de la première année. La persistance semble être influencée par la région de résidence, soulignant la nécessité de stratégies visant à améliorer l’adhésion au traitement à long terme sur l’ensemble du territoire français.