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Introduction
L'évolution des pneumopathies interstitielles diffuses (PID) est souvent compliquée par des exacerbations, qui représentent un tournant pronostique majeur pour la maladie. L'évaluation de l'inflammation, notamment par la mesure de la protéine C-réactive (CRP), peut fournir des indications précieuses sur le pronostic.
Méthodes
C’est une étude rétrospective et comparative sur les patients atteints de pneumopathie interstitielle diffuse (PID), hospitalisés pour une exacerbation aiguë (EA) et suivis au service de pneumologie du CHU Fattouma Bourguiba de Monastir de janvier 2015 à décembre 2023. Les patients ont été classés en deux groupes en fonction de leur taux de CRP à l'admission : G1 (CRP≥7 mg/L) et G2 (CRP < 6 mg/L).
Résultats
L'étude a inclus 152 patients, avec une prédominance marquée pour le Groupe 1 (G1, n=110, soit 72,4%) par rapport au Groupe 2 (G2, n=42, soit 27,6%). Au cours des exacerbations aiguës, le G1 a présenté des signes de gravité plus importants, notamment un nombre de globules blancs plus élevé (moyenne de 11962/mm³ contre 7960/ mm³ ; p=0,002) et une saturation en oxygène plus basse (90% contre 93% pour le G2 ; p=0,023). En dehors des épisodes d'exacerbation, les patients du G1 étaient plus symptomatiques, avec une dyspnée de grade≥2 plus fréquente (86,4% contre 71,4% pour le G2 ; p=0,031), et leur fonction respiratoire était significativement plus altérée, comme en témoignent un volume expiratoire maximal par seconde (VEMS) plus faible (60% vs 70% ; p=0,031) et un déclin annuel de la capacité vitale forcée (CVF) plus important (242 ml/an vs 106 ml/an ; p=0,006). Sur le plan évolutif, le G1 a montré une morbidité accrue, avec une durée moyenne d'hospitalisation plus longue (15,9 jours vs 10,6 jours ; p=0,001) et un nombre d'exacerbations annuelles plus élevé (1,72 vs 1,04 ; p=0,002). De plus, l'évolution vers une insuffisance respiratoire chronique était plus fréquente dans ce groupe (52,7% vs 26,2% ; p=0,003). Enfin, le pronostic était nettement moins favorable dans le G1, avec une médiane de survie de 120 mois, contre 276 mois pour le G2 (log-rank=0,029).
Conclusion
Au terme de cette analyse, la protéine C-réactive (CRP) s'impose comme bien plus qu'un simple marqueur biologique dans le contexte des pneumopathies interstitielles diffuses (PID), elle pourrait constituer un facteur pronostique essentiel.