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Introduction
Les pneumopathies interstitielles diffuses (PID) regroupent un ensemble hétérogène de maladies pulmonaires chroniques caractérisées par une altération progressive de la fonction respiratoire et une évolution souvent péjorative. Au-delà des manifestations respiratoires, l’impact psychologique des PID reste largement sous-estimé. Les troubles anxieux et dépressifs peuvent pourtant aggraver la perception des symptômes, réduire l’observance thérapeutique et détériorer la qualité de vie. Le but de ce travail :Évaluer la prévalence de l’anxiété et de la dépression chez les patients atteints de PID et analyser leurs effets sur la qualité de vie.
Méthodes
Étude observationnelle menée auprès de 60 patients atteints de PID, suivis en service de pneumologie au CHU Mohammed VI de Marrakech entre janvier 2024 et janvier 2025. L’évaluation psychologique a été réalisée à l’aide de l’Hospital Anxiety and Depression Scale (HADS). La qualité de vie a été mesurée via le questionnaire SF-36. Les données cliniques, fonctionnelles (VEMS, CVF) et démographiques ont été collectées.
Résultats
L’étude a porté sur 60 patients atteints de pneumopathies interstitielles diffuses (PID), dont 38 femmes et 22 hommes, avec un âge moyen de 56±11 ans. L’évaluation psychologique réalisée à l’aide de l’échelle HADS a montré une prévalence élevée des troubles anxiodépressifs : 52% des patients présentaient une anxiété significative (HADS-A≥8), 41% souffraient d’une dépression modérée à sévère (HADS-D≥8), 30% cumulaient simultanément anxiété et dépression, traduisant une atteinte psychologique importante. L’analyse statistique a révélé une corrélation forte entre la sévérité de la PID et la présence de symptômes dépressifs (p < 0,01), suggérant que la progression de la maladie impacte directement la santé mentale des patients. Sur le plan de la qualité de vie, les patients présentant une anxiété et/ou une dépression avaient un score moyen au SF-36 significativement plus bas (48 vs 72, p < 0,001), confirmant une altération majeure de leur bien-être global. Enfin, les troubles du sommeil étaient fréquemment rapportés, concernant 62% des patients anxieux et 57% des patients dépressifs, mettant en évidence un lien étroit entre les troubles psychologiques et la qualité du repos nocturne.
Conclusion
Les résultats de cette étude mettent en évidence une prévalence élevée des troubles anxieux et dépressifs chez les patients atteints de PID. L’association entre la sévérité de la maladie, la baisse de la qualité de vie et la fréquence des troubles psychologiques souligne la nécessité d’une prise en charge multidisciplinaire intégrant une évaluation systématique de la santé mentale dans le suivi de ces patients.