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Introduction
Les pneumopathies d’hypersensibilité (PHS), sont des affections pulmonaires interstitielles d’origine immuno-allergique. Elles surviennent après une exposition chronique et répétée à divers antigènes, le plus souvent d’origine organique, entraînant une réaction inflammatoire alvéolo-interstitielle pouvant évoluer vers la fibrose pulmonaire. Le but de notre travail est de déterminer le profil descriptif épidémiologique, clinique et paraclinique des PHS.
Méthodes
Nous rapportons une étude rétrospective portant sur 41 cas de pneumopathies d’hypersensibilités pris en charge au service de pneumologie du CHU Mohamed VI de Marrakech, entre Janvier 2023 à Juin 2025.
Résultats
La moyenne d’âge de nos patients était de 52,1 ans. On notait 33 femmes et 8 hommes, avec une répartition géographique de 23 cas urbains et 18 cas ruraux. Un tabagisme ancien ou actif a été retrouvé dans 6 cas. Les expositions retrouvées étaient : les volailles : 24 cas, la fumée de bois : 16 cas, les bétails : 15 cas, les moisissures et Foin moisi : 9 cas Sur le plan clinique, la présentation était dominée par la dyspnée (36 cas) et la toux chronique (33 cas). Les autres signes retrouvés étaient la fièvre (2 cas), les râles crépitants (22 cas) les râles sibilants (6 cas), et l’hippocratisme digital (11 cas). Une saturation en oxygène supérieure à 92% était observée chez 30 patients. L’exploration radiologique par TDM thoracique HR a mis en évidence des images de verre dépoli (24 cas), un aspect en mosaïque (19 cas), des nodules centro-lobulaires (18 cas) et un trappage de l’air (16 cas). Des signes de fibrose étaient notés dans 14 cas, avec des réticulations (8 cas), des bronchectasies de traction (11 cas) et un aspect en rayon de miel (14 cas). Le lavage broncho-alvéolaire montrait une prédominance lymphocytaire dans 15 cas, des neutrophiles dans 4 cas et des histiocytes dans 7 cas. Les précipitines spécifiques étaient positives chez 10 patients : 5 poumons domestiques, 4 éleveurs d’oiseaux et 1 poumon de fermier.
Conclusion
La pneumopathie d’hypersensibilité reste une affection diagnostique complexe. Dans notre série, la présentation clinique et radiologique, ainsi que le lavage broncho-alvéolaire, étaient des éléments déterminants. La valeur des précipitines spécifiques en revanche, s’est révélée limitée. Le diagnostic repose donc essentiellement sur la confrontation des données cliniques, de l’exposition, de l’imagerie thoracique et du LBA.