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Introduction
L’impact néfaste de la pollution atmosphérique sur la FPI a été démontré. L’étude de faisabilité OBIWAN-FPI, a pour objectif de déterminer si l’exposition individuelle aux particules de diamètre < 2,5 µm (PM2,5) joue un rôle délétère dans l’évolution de la fonction respiratoire, dont la capacité vitale forcée (CVF), grâce à l’utilisation d’objets connectés. Cette étude exploratoire s’intéressait à l’effet à court terme de la pollution sur la variation hebdomadaire de la CVF.
Méthodes
Les patients ont été équipés d’un capteur portable mesurant en continu la concentration des PM2,5 [1], et d’un spiromètre portable qui a permis une mesure hebdomadaire de la fonction respiratoire à domicile. Les indicateurs d’exposition (moyenne, médiane, dépassements de seuils>10,>20 µg/m³) ont été calculés quotidiennement. Les variations de la CVF% ont été définies soit par rapport à la valeur initiale (Δini), soit par rapport à la mesure hebdomadaire précédente (Δheb). L’association entre exposition et variation de la CVF a été analysée par modèles linéaires mixtes avec un décalage temporel de 1 à 14 jours (de J-1 à J-14) avant la mesure spirométrique.
Résultats
Quinze patients atteints de FPI incidente ont été inclus (14 hommes, 1 femme), d’âge moyen 69,5±6,4 ans ; 92,3% étaient d’anciens fumeurs et 13,3% des fumeurs actifs. Quatorze patients étaient traités par anti-fibrosant (1 patient ayant refusé), 13 résidaient en île de France et 2 dans les hauts de France à moins d’une heure de Paris. L’étude a montré une excellente adhésion des patients aux mesures de la fonction respiratoire (86,9%) et à celles de l’exposition (71,1%). Le suivi moyen était de 52,2 semaines. La CVF moyenne initiale était de 84,5±22,2% de la valeur prédite, soit 2,97±0,79 ml en valeur absolue. Les variations moyennes de CVF étaient de -0,33± 12,5% (Δini) et -0,05 ±0,53% (Δheb) pendant le suivi. La concentration journalière moyenne en PM2,5 était de 7,26 µg/m³, avec 16,17% des mesures>10 µg/m³ et 6,62%>20 µg/m³. Une association statistiquement négative a été observée entre l’exposition moyenne aux PM2,5 à J-3 et la variation de la CVF (% théorique), pour Δini (β=-0,070 ; IC95% [-0,136 ; -0,004] pour 1 µg/m³ de PM2,5 ; p=0,032) et Δheb (β=-0,087 ; IC95% [-0,168 ; -0,006] pour 1 µg/m³ de PM2,5 ; p=0,036). Ces résultats restaient significatifs après exclusion des fumeurs actifs.
Conclusion
Cette étude démontre la faisabilité de l’utilisation d’objets connectés pour mesurer l’exposition individuelle aux PM2,5chez les patients atteints de FPI. Nos résultats suggèrent un effet délétère à court terme de la pollution sur la variation à court terme de la CVF. Ces observations doivent être confirmées dans des cohortes plus larges et considérer des facteurs modulateurs potentiels.
Référence
[1]Dessimond B. et al. Sensors 2021 doi : 10,3390/s21051876. PMID : 33800192
Remerciements
Financements : Fondation du Souffle, BQR Sorbonne Paris Nord 2018
Promoteur : Assistance Publique – Hôpitaux de Paris (Département de la Recherche Clinique et du Développement)