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Résumés CPLF 2026 

Le tissu adipeux épicardique, biomarqueur cardiométabolique associé à la progression et au pronostic des pneumopathies interstitielles diffuses fibrosantes

Résumé PO10-298
Hindré R.*1,2 ; Mesli F.1 ; Brillet PY.2,3 ; Ibrahim A.3 ; Cosson E.4 ; Uzunhan Y.1,2 ; Nunes H.1,2 ; Sesé L.1,2
1Service de Pneumologie, Centre de référence constitutif des Maladies Pulmonaires Rares, APHP, Hôpital Avicenne, Bobigny, France ; 2Inserm UMR 1272, Université Sorbonne Paris Nord, Bobigny, France ; 3Service de radiologie, APHP, Hôpital Avicenne, Bobigny, France ; 4Service d’endocrinologie, APHP, Hôpital Avicenne, Bobigny, France

Auteur correspondant : Hindré R. 


Introduction

L’adiposité viscérale est susceptible d’induire un état pro-inflammatoire et pro-fibrosant, potentiellement impliqué dans la progression des pneumopathies interstitielles diffuses fibrosantes (PIDF). Cette étude vise à évaluer l’association entre le volume de tissu adipeux épicardique (VTAE), les comorbidités cardiométaboliques, la progression de la maladie et la survie sans transplantation chez des patients atteints de PIDF, hors fibrose pulmonaire idiopathique (FPI).

Méthodes

Cohorte rétrospective monocentrique incluant des patients diagnostiqués entre 2014 et 2018 d’une PIDF non FPI. Le VTAE a été mesuré de façon semi automatisée à partir d’un scanner thoracique réalisé dans les±6 mois suivant le diagnostic, à l’aide d’un logiciel prototype (GE HealthCare). La progression était définie selon les critères ATS/ERS/JRS/ALAT (1) et recherchée sur une période de 5 ans suivant le diagnostic. La survie sans transplantation a été analysée par un test de log-rank et un modèle de Cox. Le délai avant progression a été modélisé par un modèle de Fine &amp ; ; Gray prenant en compte le décès comme évènement compétitif.

Résultats

187 patients ont été inclus (43% d’hommes, âge moyen 61±13 ans, IMC moyen 27±5 kg/m2, 40% de fumeurs), dont 109 (58%) remplissaient les critères de progression. Les étiologies étaient : pneumopathie d’hypersensibilité (30%), connectivite (29%), pneumopathie interstitielle non spécifique idiopathique (20%), forme inclassable (19%), autres (2%). Le VTAE moyen était de 114±57 cm3et était significativement associé à l’âge, au sexe masculin, à l’IMC et à la CVF initiale. Les patients du quartile le plus élevé de VTAE (Q4, n=47) présentaient plus fréquemment une obésité (45% vs 21%, p=0,002), une dyslipidémie (30% vs 16%, p=0,04), une hypertension artérielle (53 vs 36%, p=0,05), une coronaropathie (21% vs 7%, p=0,012), un syndrome d’apnée du sommeil modéré à sévère (40% vs 15%, p=0,001), une BPCO et/ou emphysème (30 vs 7%, p< 0,001). La médiane de survie sans transplantation et le délai median avant progression étaient significativement plus courts dans le Q4 (58 mois vs non atteinte, p=0,004 et 44 vs 90 mois, p< 0,001 respectivement). Après ajustement multivarié (âge, sexe, tabac, score de Charlson, CVF, traitement à 1 an, extension de la fibrose), le VTAE restait indépendamment associé à une moindre survie sans transplantation (p=0,03) et à un risque accru de progression (p< 0,001). Les patients du Q4 avaient un risque de progression multiplié par 2 par rapport au reste de la population (HR 2,1 ; IC95%[1,4-3,2] ; p< 0,001).

Conclusion

Chez les patients atteints de PIDF non FPI, un VTAE élevé est associé à plus de comorbidités cardiométaboliques, une progression plus rapide de la maladie et une survie sans transplantation réduite. Le VTAE pourrait constituer un biomarqueur d’intérêt dans la prise en charge de ces patients.

Références

[1] Raghu G. et al. , Idiopathic Pulmonary Fibrosis (an Update) and Progressive Pulmonary Fibrosis in Adults : An Official ATS/ERS/JRS/ALAT Clinical Practice Guideline, AJRCCM 2022.


Hindré R. * ; Mesli F. * ; Brillet PY. * ; Ibrahim A. * ; Cosson E. * ; Uzunhan Y. * ; Nunes H. * ; Sesé L. *
*Déclarent ne pas avoir de lien d'intérêt en rapport avec ce résumé.

 


Avec le soutien institutionnel du laboratoire GlaxoSmithKline GSK