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Résumés CPLF 2026 

Les atteintes pulmonaires interstitielles liées aux connectivites chez les femmes

Résumé PO10-312
Jamal H.*1 ; Zaghba N.*1 ; Chaanoun K.*1 ; Benjelloun H.*1 ; Harraz H.*1 ; Laklaai Z.*1 ; Jalloul W.*1 ; Yassine N.*1
1Service des Maladies Respiratoires, CHU Ibn Rochd, Casablanca, Maroc

Auteur correspondant : Jamal H. 


Introduction

Les pneumopathies interstitielles diffuses (PID) constituent l’une des complications pulmonaires les plus fréquentes et potentiellement sévères des connectivites. Elles surviennent dans diverses maladies auto-immunes systémiques, notamment la polyarthrite rhumatoïde, la sclérodermie systémique, les myosites inflammatoires idiopathiques, le lupus érythémateux systémique et la maladie de Gougerot-Sjögren. Les PID associées aux connectivites (PID-C) présentent une grande hétérogénéité clinique, radiologique et histologique, avec des impacts pronostiques variables selon le type de connectivite et le pattern lésionnel.

Méthodes

Une étude rétrospective a été menée portant sur 83 patientes suivies au service des maladies respiratoires du CHU Ibn Rochd, sur une période étalée sur 5 ans, entre 2020 et 2025. Les critères de sélection incluaient le sexe féminin, la présentation clinique, les approches diagnostiques et thérapeutiques des PID liées aux connectivites.

Résultats

L’âge moyen était de 54 ans, une pneumopathie interstitielle diffuse a été objectivé chez 100% de ces patientes, 28% de ces femmes ont été diagnostiquées suite au bilan étiologique de leur atteinte interstitielle pulmonaire et 72% de ces femmes avaient une connectivite confirmée précédant l’atteinte thoracique. Une prévalence plus élevée de 43% a été noté chez les patientes avec sclérodermie systémique, la polyarthrite rhumatoïde a été noté chez 38% des cas, la maladie de Gougerot-Sjögren (ou syndrome de Sjögren) chez 17% des cas et le lupus érythémateux systémique chez 2% des cas. Les présentations cliniques varient d’une forme asymptomatique détectée au dépistage à une dyspnée progressive chez 73% des cas, une toux sèche chronique était présente chez 45% des cas. Les patterns radiologiques les plus fréquents sont la PINS (pneumopathie interstitielle non spécifique) chez 81% des cas de cette série et plus rarement la PIC (pneumopathie interstitielle commune) chez 19% des cas. Le diagnostic repose sur la corrélation clinique, radiologique et si nécessaire histologique. Le traitement combine le contrôle de la connectivite sous-jacente et la prise en charge spécifique de la PID, avec l’utilisation de corticostéroïdes chez toutes les patientes, des immunosuppresseurs classiques (Mycophénolate mofétil : MMF / Cyclophosphamide) chez 43% de ces patientes et plus récemment l’utilisation des agents antifibrosants (Nintédanib) dans certaines formes évolutives fibrosantes chez 7% des cas, après une décision multidisciplinaire entre pneumologues, internistes et radiologues chez toutes nos patientes.

Conclusion

Les PID associées aux connectivites représentent une complication fréquente, touchent 10 à 40% des patientes atteintes de connectivites. C’est une atteinte potentiellement grave des maladies auto-immunes systémiques. Leur prise en charge repose sur un diagnostic précoce, une évaluation multidisciplinaire et un traitement adapté au profil de la connectivite et au type de PID. Les avancées récentes, notamment l’intégration des antifibrosants, offrent de nouvelles perspectives pour améliorer le pronostic fonctionnel et vital de ces patientes.


Jamal H. * ; Zaghba N. * ; Chaanoun K. * ; Benjelloun H. * ; Harraz H. * ; Laklaai Z. * ; Jalloul W. * ; Yassine N. *
*Déclarent ne pas avoir de lien d'intérêt en rapport avec ce résumé.

 


Avec le soutien institutionnel du laboratoire GlaxoSmithKline GSK