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Résumés CPLF 2026 

Pneumopathies d’hypersensibilité : impact des expositions domestiques et professionnelles

Résumé PO10-314
Mounir N.*1 ; Zaghba N.*1 ; Chaanoun K.*1 ; Benjelloun H.*1 ; Harraz H.*1 ; Jalloul W.*1 ; Laklaai Z.*1 ; Yassine N.*1
1Service de Maladies Respiratoires, CHU Ibn Rochd, Casablanca, Maroc

Auteur correspondant : Mounir N. 


Introduction

Les pneumopathies d’hypersensibilité (PHS) sont des maladies interstitielles pulmonaires d'origine immunologique, déclenchées par l’inhalation répétée d’antigènes organiques ou chimiques. Le diagnostic nécessite une anamnèse minutieuse en raison de la diversité et de la multiplicité des sources d’exposition. Cette étude vise à évaluer l’impact des expositions professionnelles et domestiques sur la survenue des PHS à travers les données épidémiologiques, cliniques et paracliniques.

Méthodes

nous rapportons une étude prospective descriptive menée entre janvier et aout 2025 dans le service de pneumologie du CHU Ibn Rochd de Casablanca sur 28 patients adultes avec un diagnostic confirmé de PHS.

Résultats

Notre population d’étude était à prédominance masculine (19 hommes, 67%) avec une moyenne d’âge de 54 ans (36–64 ans). Parmi les patients, sept étaient fumeurs. L’enquête environnementale et professionnelle a révélé une exposition antigénique chez 25 patients (89%). Les expositions domestiques ont été identifiées chez 75% des cas, incluant la présence d’oiseaux (9 patients, 32%), des moisissures avec humidité murale (14 patients, 50%) et l’usage fréquent de produits ménagers détergents (6 patients, 21%). Les expositions professionnelles concernaient 7 patients (25%) : 3 dans le secteur agricole (contact avec le foin), 2 dans la métallurgie et 2 en menuiserie artisanale. Les manifestations cliniques comprenaient une toux sèche (82%), une dyspnée à l’effort (70%), une asthénie persistante (66%) et un syndrome pseudo-grippal récurrent après exposition (55%). Le diagnostic a été posé en moyenne 15±2 mois après le début des symptômes. À l’examen, des râles crépitants étaient présents chez 64% des patients. La TDM thoracique haute résolution a montré un verre dépoli diffus avec piégeage d’air chez 22 patients, et des formes fibrosantes chez 11 patients (40%). Le lavage broncho-alvéolaire a révélé une alvéolite lymphocytaire dans 20 cas et une alvéolite neutrophilique dans 3 cas fibrosants. Les précipitines spécifiques étaient positives chez 12 patients (43%), dirigées contre des antigènes aviaires (7 cas, 25%) ou des moisissures domestiques (5 cas, 17%). Lors du bilan de retentissement, 5 patients présentaient une hypoxémie au repos < 60 mmHg. L’évaluation fonctionnelle montrait un trouble ventilatoire restrictif modéré (CVF 71±10%, CPT 68±11%) et une DLCO < 60% chez 54% des patients. Lors du test de marche de 6 minutes, la distance moyenne parcourue était de 410±70 m avec désaturation≥4% chez 61%. La prise en charge reposait sur l’éviction de l’antigène (89%) et une corticothérapie (75%). Trois patients fibrosants ont reçu un traitement immunosuppresseur complémentaire. À 3 mois, une amélioration clinique était observée chez 80% des patients, principalement ceux ayant pu interrompre l’exposition antigénique.

Conclusion

Les expositions environnementales jouent un rôle central de l’étiopathogénie des PHS. Le diagnostic précoce repose sur l’identification de l’antigène en cause, qu’elles soient professionnelles ou domestiques. Cela souligne l’importance de l’interrogatoire, d’une évaluation environnementale et de stratégies de prévention adaptées, tant en milieu professionnel qu’au domicile


Mounir N. * ; Zaghba N. * ; Chaanoun K. * ; Benjelloun H. * ; Harraz H. * ; Jalloul W. * ; Laklaai Z. * ; Yassine N. *
*Déclarent ne pas avoir de lien d'intérêt en rapport avec ce résumé.

 


Avec le soutien institutionnel du laboratoire GlaxoSmithKline GSK