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Introduction
La pneumopathie d'hypersensibilité (PHS) constitue une granulomatose de mécanisme immunologique, causée par une réponse exacerbée à l'inhalation répétée d'antigènes. Le diagnostic repose, devant une symptomatologie compatible, sur la notion d'une exposition à des antigènes connus pour être pathogènes, l'existence d'images interstitielles et bronchiolaires au scanner thoracique, d'une lymphocytose au lavage alvéolaire et de précipitines.
Méthodes
Il s’agit d’une étude rétrospective portant sur 46 patients suivis pour PHS au service de pneumologie de l’EPH de Blida, sur une période allant de janvier 2019 à décembre 2024.
Résultats
Il s’agit de 46 patients, dont 38 femmes et 8 hommes, avec un âge moyen de 59 ans (33–79 ans). Une exposition aviaire (pigeons, canaris) a été retrouvée dans 51% des cas, une exposition aux moisissures dans 25%, un élevage de poulets dans 8% et une exposition professionnelle (pesticides) dans 10%. La toux, la dyspnée et les râles crépitants étaient présents respectivement dans 100%, 79% et 69% des cas. La TDM thoracique a montré des signes évocateurs de PHS non fibrosante dans 32,1% des cas (opacités en verre dépoli, atteinte en mosaïque, aspect de crazy paving, distribution axiale) et des signes de PHS fibrosante dans 67,9%. La fibroscopie avec LBA a été réalisée chez 23 patients, révélant une lymphocytose alvéolaire dans 60,9% des cas, une hyperéosinophilie dans 8% et un aspect normal dans 31,1%. L’EFR a mis en évidence un trouble ventilatoire restrictif dans 67% des cas, un trouble mixte dans 18% et une fonction respiratoire normale dans 15%. Une corticothérapie associée à l’éviction de l’allergène suspecté a été prescrite chez tous les patients, et un traitement immunosuppresseur a été ajouté dans 10% des cas. Durant les deux premières années de suivi, l’évolution a été favorable dans 26% des cas, stable dans 40% et marquée par une aggravation dans 24%, tandis que 10% des patients ont été perdus de vue.
Conclusion
La PHS est une pathologie très polymorphe dans sa présentation clinique et radiologique qui reste probablement sous diagnostiquée, en particulier dans sa forme fibrosante. Etablir un diagnostic précoce reste un défi de sa prise en charge, cependant l’éviction antigénique et la corticothérapie ont démontré leur efficacité dans la PHS non fibrosante.