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Résumés CPLF 2026 

Infections de drains tunnelisés à demeure (DTD) pleuraux dans le traitement symptomatique des pleurésie néoplasiques

Résumé PO24-595
Nguyen T-T.*1 ; Goussault H.1 ; Boudjemaa A.1,2 ; Bonnefoy V.1 ; Demiri S.1 ; Gibiot Q.1 ; Lasvergnas J.1 ; Rousseau Bussac G.1 ; Viñas F.1 ; Maitre B.1 ; Mangiapan G.1,2
1Unité de Pneumologie interventionnelle - CHIC de Créteil, Créteil, France. ; 2G-ECHO : Groupe échographie Thoracique du Pneumologue, SPLF, Paris France.

Auteur correspondant : Nguyen T-T. 


Introduction

Les DTD sont un traitement reconnu et efficace des pleurésies néoplasiques. Cependant, ils peuvent se compliquer d'infections dont la prévention reste une priorité.

Méthodes

Nous avons analysé le taux d'infections et l'effet des mesures préventives sur l'ensemble des DTD pleuraux posés dans notre service entre juin 2006 et juin 2025, en distinguant trois périodes : P1 (2006-2015): période historique de début de pose, P2 (2016-2022) : après modification des modalités de pose (pose exclusive en salle propre dédiée et modification des protocoles d'asepsie), P3 (2023-2025): après introduction d'une antibioprophylaxie systématique.

Résultats

Au total, 413 DTD ont été posés chez 388 patients. 373 ont été retenus pour l'analyse après exclusion des pleurésies non tumorales et des données manquantes. Les pleurésies néoplasiques étaient secondaires à un cancer du poumon (54%), du sein (15%), gynécologique (7%), à un mésothéliome (7%) et à d'autres localisations (15%). Les DTD étaient des Rocket IPC dans 88%, des PleurX dans 11% et des Aspira dans 0,8%. 63% des patients recevaient un traitement spécifique (chimiothérapie, immunothérapie), tandis que 37% étaient en soins palliatifs exclusifs. La durée médiane de port du drain était de 54 jours (extrêmes : 1 à 706). Il y a eu 37 (9,9%) infections (pleurésies infectieuses et tunnelites), toutes traitées par antibiotiques ; 2 ont nécessité l'ablation du drain et 2 se sont compliquées d'un sepsis, responsable du décès de patients par ailleurs très altérés et en soins palliatifs exclusifs (0,5% des DTD, 5% des infections). Parmi ces infections, 14 étaient précoces (dans les 30 premiers jours) et 23 tardives. Le taux d'infection était de 16,2% en P1, 7,8% en P2 et 11% en P3. Le taux d'infection précoce était de 1,4% en P3 (après antibioprophylaxie), contre 5,9% en P1 et 3,9% en P2, sans différence statistiquement significative. On notait par ailleurs 38 colonisations, dont seulement 3 ont évolué vers une infection (VPP de 8%). Le seul facteur de risque d'infection retrouvé était un PS>2. Le type de cancer, la présence ou non d'un traitement actif, ainsi que la durée du drainage n'étaient pas associés à un surrisque d'infection.

Conclusion

Les infections de DTD sont une complication fréquente (10%), mais le plus souvent facilement traitée sans retrait du drain. L'amélioration des conditions de pose a permis une diminution des infections entre les deux première périodes, mais l'antibioprophylaxie n'a pas modifié significativement le taux d'infections précoces, qui reste de toute façon faible, rendant cette option inutile dans notre unité. Enfin des colonisations existent mais évoluent rarement vers une infection.


Nguyen T-T. * ; Goussault H. * ; Boudjemaa A. * ; Bonnefoy V. * ; Demiri S. * ; Gibiot Q. * ; Lasvergnas J. * ; Rousseau Bussac G. * ; Viñas F. * ; Maitre B. * ; Mangiapan G. *
*Déclarent ne pas avoir de lien d'intérêt en rapport avec ce résumé.

 


Avec le soutien institutionnel du laboratoire GlaxoSmithKline GSK