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Introduction
La tuberculose constitue un enjeu majeur de santé publique. Les facteurs socio-économiques et nutritionnels jouent un rôle clé dans la gravité de la maladie et la réponse au traitement. La malnutrition est un facteur de risque connu d’échec thérapeutique et de mortalité de la tuberculose. Notre objectif est d’identifier les facteurs associés à la malnutrition chez les patients tuberculeux.
Méthodes
Il s’agit d’une étude transversale prospective portant sur les cas notifiés aux centres de diagnostic de tuberculose et des maladies respiratoires de la région Souss Massa, entre Mars et Octobre 2024. L’état nutritionnel était évalué par l’indice de masse corporelle (IMC). La malnutrition était définie par un IMC≤18,5 kg/m², et elle était classée en malnutrition légère (BMI 17-18,5 kg/m²), modérée (BMI < 17 kg/m²) et sévère (BMI < 16 kg/m²).
Résultats
Parmi les 265 cas inclus, 63,4% étaient des hommes et 36,6% des femmes, avec un sexe-ratio H/F=1,7. La moyenne d’âge était de 38,1±19,4 ans. La prévalence de la malnutrition au moment de diagnostic était de 21,4% [16,4-27,5]. La forme légère était présente chez 57,8% des cas, la forme modérée chez 20% et 22,2% présentaient une malnutrition sévère. Plus de la moitié des patients (56,7%) rapportaient des problèmes d’alimentation, dont 59,7% étaient liés à un manque d’appétit. L’analyse a révélé une association significative entre la malnutrition et l’issue du traitement (p=0,015). Le taux de succès thérapeutique était plus faible chez les patients malnutris (20,2%), tandis que le nombre de cas de perdus de vue était plus élevé chez cette catégorie (62,5%). Une amélioration significative du poids moyen des patients était marquée dès les deux premiers mois du traitement antituberculeux (p< 0,001) et elle s’est maintenue jusqu’à la fin du traitement (p< 0,001). En analyse univariée, les facteurs de risque de la malnutrition étaient : le sexe masculin (OR=3,58, IC 95% [1,57-8,16], p=0,002), l’atteinte pulmonaire (OR=2,64, IC95% [1,35-5,18], p=0,003), une confirmation bactériologique de la tuberculose (OR=3,16, IC95% [1,58-6,30], p=0,001), un état fonctionnel limité (OR=3,03, IC95% [1,28-7,17], p=0,011) et recevoir moins de trois repas par jour (OR=2,10, IC95% [1,02-4,29], p=0,041). En analyse multivariée, seul le sexe masculin était un facteur prédictif de la malnutrition dans notre échantillon (AOR=2,75, IC95% [1,16-6,50], p=0,021).
Conclusion
La malnutrition reste fréquente chez les patients atteints de tuberculose. Ces résultats soulignent l’importance d’un dépistage nutritionnel systématique et la mise en place d’interventions ciblées afin d’améliorer le pronostic des patients.