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Introduction
La prescription inappropriée d’antibiotiques dans les infections respiratoires aiguës telles que la bronchite aiguë, demeure fréquente et constitue un facteur majeur dans l’émergence de l’antibiorésistance. Cette étude a pour objectif d’évaluer les attitudes et pratiques des médecins généralistes marocains face à cette problématique.
Méthodes
Il s’agit d’une étude descriptive, transversale et multicentrique réalisée en août 2025. Un questionnaire standardisé a été administré à 50 médecins généralistes exerçant en cabinet privé, centre de santé ou clinique. L’enquête a exploré la prescription d’antibiotiques, la connaissance des recommandations, l’influence des patients et l’accès aux outils d’aide à la décision.
Résultats
La majorité des praticiens (86%) reconnaissent que la bronchite aiguë est d’origine virale. Néanmoins, en cas de bronchite aiguë sans gravité, 14% prescrivent parfois un antibiotique et 24% le font souvent. Par ailleurs, 80% des répondants rapportent avoir déjà prescrit « par précaution ». L’antibiotique le plus utilisé est l’association amoxicilline–acide clavulanique (46%), suivie de l’amoxicilline simple (34%), puis des macrolides (18%). Le souhait du patient influence la décision de prescrire chez 42% des médecins. Seuls 12% déclarent connaître les recommandations officielles (HAS/SPILF), et 22% ont bénéficié d’une formation récente en antibiothérapie.
Conclusion
La prescription d’antibiotiques dans les infections respiratoires bénignes reste fréquente malgré la reconnaissance de leur étiologie virale. Les attentes des patients et le déficit de formation contribuent à ces pratiques. Une meilleure diffusion des recommandations et un renforcement de la formation continue apparaissent essentiels pour promouvoir une utilisation raisonnée des antibiotiques et limiter l’antibiorésistance.