·
Introduction
Les viroses respiratoires, dont les plus fréquentes sont liées aux virus Influenzae (INFL), Virus Respiratoire Syncytial (VRS) et Métapneumovirus (HMPV), représentent un enjeu majeur de santé publique. L’objectif de cette étude est d'évaluer les présentations clinique, biologique et scanographique des pneumopathies associées à INFL, VRS et HMPV.
Méthodes
Il s’agit d’une étude descriptive, monocentrique et rétrospective, incluant tous les patients hospitalisés en Pneumologie ou en Médecine Intensive et Réanimation au CHRU de Tours entre octobre 2021 et mars 2025, ayant présenté une infection respiratoire virale confirmée par INFL, VRS ou HMPV et ayant bénéficié d’un scanner thoracique. Les patients ont été répartis en trois groupes selon le virus identifié, et leurs présentations clinique, biologique et scanographique ont été comparées.
Résultats
Au total, 106 patients ont été inclus : 57 INFL, 28 VRS et 21 HMPV. Les trois groupes ne différaient pas significativement en termes d’âge, de sex-ratio, de comorbidités, d’immunodépression et de tabagisme. La toux productive était plus fréquente dans le groupe HMPV comparé aux deux autres (p=0,04). Le syndrome « grippal » (céphalée, rhinorrhée, myalgie) tendait à être plus fréquent dans le groupe INFL (p=0,14). Le syndrome inflammatoire semblait moins marqué dans le groupe HMPV, notamment avec une diminution des polynucléaires neutrophiles (p=0,03). Les co-infections bactériennes étaient plus fréquentes dans le groupe INFL (p=0,04). Le pattern scanographique le plus fréquemment observé était celui des condensations, sans différence significative entre les trois groupes. Il n’y avait pas de différence notable concernant les autres patterns scanographiques (verre dépoli diffus ou bronchiolite). L’atteinte pleurale était moins fréquente chez les patients HMPV (1/21 ; 5%) comparativement aux groupes INFL (18/57 ; 32%) et VRS (9/28 ; 32%) (p=0,04). Le taux de mortalité était comparable entre les trois groupes (INFL : 19%, VRS : 21%, HMPV : 19%).
Conclusion
Cette étude met en évidence quelques différences dans la présentation initiale des pneumopathies virales selon le virus identifié, notamment sur le plan clinique et biologique. En revanche, les caractéristiques scanographiques des infections à INFL, VRS et HMPV ne semblent pas différer de manière significative.