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Résumés CPLF 2026 

Ne pas négliger une PCR prolongée à SARS-CoV-2 en contexte d'hémopathie lymphoïde !

Résumé AD03-74
Kadibanga D.*1 ; Chantepie S.2 ; Campbell K.1 ; Seyer L.1 ; Le Gouil M.3 ; Bergot E.1 ; Rivière F.1
1Service de Pneumologie, CHU Caen-Normandie, Caen, France ; 2Service d'hématologie, CHU Caen-Normandie, Caen, France ; 3Service de virologie, CHU Caen-Normandie, Caen, France

Auteur correspondant : Rivière F. 


Introduction

L’infection à SARS-CoV2 est une fardeau pronostique pour les patients immunodéprimés. Malgré des traitements anti viraux efficaces, les nombreux variants du SARS-CoV-2 posent des défis thérapeutiques. Une réplication virale prolongée a déjà été décrite pour beaucoup de virus respiratoires, toutefois cette réplication était lentement dégressive et ne s’associait à quasiment aucune symptomatologie. Cela semble différent pour le SARS-Cov2. Les formes prolongées d’infection à SARS-Cov2 pourraient donc être une entité particulière survenant chez l’immunodéprimé sévère. De plus, l'infection chronique favorisant l’émergence de mutations pourrait engendrer des variants préoccupants ou des variants adaptés à la population de l’immunodéprimé permettant cette chronicisation de l’infection.

Notre travail visait à mieux décrire l’épidémiologie, les particularités cliniques, scannographiques et virologiques des formes prolongées d’infection à SARS-CoV-2.

Méthodes

Nous avons donc mené une étude rétrospective monocentrique au sein du CHU de Caen incluant les patients ayant présenté une infection chronique à SASR-Cov2 définit par l’aggravation de symptômes respiratoires et la persistance de la positivité de la PCR SARS-Cov2 plus de 15 jours après la 1ère PCR positive. Nous avons recueilli des données épidémiologiques, biologiques, scannographiques, fonctionnelles respiratoires et également effectué un séquençage des SARS-Cov2 de chaque patient comparativement aux sous-variants en circulation dans la population générale.

Résultats

Nous avons inclus 23 patients présentant une infection prolongée à SARS-Cov2, dont les caractéristiques cliniques et scannographiques ne diffèrent pas de la population générale sauf pour la sévérité (80% de patients ayant nécessité une hospitalisation dont 75% avec une oxygénothérapie). 20 patients étaient porteurs d’une hémopathie lymphoïde dont 19 bénéficiaient d’un traitement déplétif anti CD20. 14 patients avaient bénéficié d’un traitement anti viral sans efficacité clinique ni virologique. Après perfusion de plasma de convalescent, l’évolution a été favorable pour tous avec normalisation clinique, scannographique et négativation virologique sans complication fonctionnelle respiratoire à distance. Aucun décès n’a été déploré à 3 mois semblant confirmer l’efficacité du plasma de convalescent. Plusieurs variants ont été détectés alors qu’il ne circulait plus en population générale et des sous-variants différents ont été retrouvés chez 2 patients entre LBA et nasopharynx ; 3 patients avaient une PCR nasopharyngée négative mais persistance de la réplication pulmonaire orientant vers une autonomisation des compartiments sans réelle compartimentation.

Conclusion

L’infection chronique à SARS-Cov2 est souvent sévère sans efficacité du traitement anti viral et survient principalement chez les patients porteurs d‘une hémopathie lymphoïde bénéficiant d’un traitement déplétif anti CD20 ; elle doit donc être évoquée si persistance des symptômes même si PCR nasale négative, surtout ne pas la négliger et traitée spécifiquement. Sans être une exclusivité du SARS-Cov2, la gravité de l’infection chronique est tout de même une particularité du SARS-CoV2 survenant dans cette population. Nous pouvions penser que la réplication prolongée transformait ces patients en "usine" à virus, mais nous n’avons pas mis en évidence de sous-variants spécifiques de cette population mais une réplication des variants antérieurement circulant sans émergence de mutations spécifiques. La question physiopathologique d'un sous-variant sélectionné/adapté chez l'immunodéprimé pour l'évolution vers une forme prolongée d'infection à SARS-Cov2 reste en suspens.


Kadibanga D. * ; Chantepie S. * ; Campbell K. * ; Seyer L. * ; Le Gouil M. * ; Bergot E. * ; Rivière F. *
*Déclarent ne pas avoir de lien d'intérêt en rapport avec ce résumé.

 


Avec le soutien institutionnel du laboratoire GlaxoSmithKline GSK