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Résumés CPLF 2026 

La réadaptation respiratoire à domicile est faisable et efficace : analyses d’une cohorte de 4614 personnes atteintes d’une maladie respiratoire chronique

Résumé AD05-98
Gephine S.*1,2 ; Le Rouzic O.3 ; Chenivesse C.3 ; Grosbois JM.1
1FormAction Santé, F-59840 Pérenchies, France ; 2Univ. Lille, Univ. Artois, Univ. Littoral Côte D’opale, EA 7369 - URePSSS - Unité de Recherche Pluridisciplinaire Sport Santé Société, F-59000 Lille, France ; 3Univ. Lille, CHU Lille, CNRS, Inserm, Institut Pasteur de Lille, U1019 - UMR 9017- CIIL, Centre de Référence Constitutif des Maladies Pulmonaires Rares, F-59000 Lille, France

Auteur correspondant : Gephine S. 


Introduction

La réadaptation respiratoire (RR) en hospitalisation à temps complet ou en ambulatoire est efficace pour améliorer, la qualité de vie et la tolérance à l’effort des personnes atteintes d’une maladie respiratoire chronique. De nombreuses barrières freinent l’accessibilité à cette modalité de RR qui peuvent être en partie levées par une prise en soin à domicile ou en solution hybride avec de la téléréadaptation. L’objectif de cette étude était d’évaluer rétrospectivement sur une période de 15 ans, l’efficacité de la RR supervisée en présentiel à domicile.

Méthodes

À la suite d’un bilan éducatif partagé (BEP), le triptyque indispensable de la RR, comprenant l’éducation thérapeutique, l’accompagnement psychosocial et motivationnel et le réentrainement à l’effort, était mis en place au cours d’une séance hebdomadaire supervisée de 90 minutes à domicile, pendant 8 semaines. Les séances individuelles étaient supervisées par un référent unique (care manager) et en présence de l’aidant si applicable et si désiré. La qualité de vie (CAT et VSRQ), la fatigue (FAS), les symptômes anxieux et dépressifs (HAD) et la tolérance à l’effort (TS6) ont été évalués au début (T0) et à la fin (T2) de la RR.

Résultats

Entre Janvier 2010 et Mai 2025, un BEP a été réalisé au domicile de 4614 personnes (45% de femmes), d’âge moyen de 64,8 ans, dont 52% étaient en situation de précarité, 51% sous OLD, 23% sous VNI, 15% sous PPC. Quatre groupes de participants ont été analysés : 1798 (39%) BPCO (VEMS 42±16%), 842 (18%) PID (CVF 70±18%), 485 (11%) Asthme (VEMS 65±20%), et 289 (6%) SAS/SOH (VEMS 71±17%). À T0, comparativement aux autres groupes : i) les patients asthmatiques étaient plus jeunes, plus souvent des femmes avec davantage d’anxiété et une meilleure tolérance à l’effort (p< 0,001) ; ii) les patients BPCO avaient une obstruction bronchique plus sévère et une tolérance à l’effort plus altérée (p< 0,001). Une amélioration significative de l’ensemble des paramètres évalués était retrouvée à T2 dans l’ensemble des groupes. Une amélioration clinique, correspondant à l’atteinte du changement clinique minimal détectable (MCID), était retrouvée dans l’ensemble des groupes pour le CAT, VSRQ et TS6. Les groupes BPCO et PID n’amélioraient pas cliniquement le FAS ni les symptômes d’anxiété.

Conclusion

Cette étude rétrospective conduite dans la « vraie vie » sur une large cohorte de patients démontre l’efficacité d’un programme de RR transdisciplinaire entièrement réalisé à domicile quel que soit la pathologie respiratoire chronique principale.


Gephine S.  ; Le Rouzic O. * ; Chenivesse C. * ; Grosbois JM. 
*Déclarent ne pas avoir de lien d'intérêt en rapport avec ce résumé.

 


Avec le soutien institutionnel du laboratoire GlaxoSmithKline GSK