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Résumés CPLF 2026 

Influence du genre sur le parcours et les résultats d’un programme de réadaptation respiratoire (RR) ambulatoire multidisciplinaire coordonnée en Ile de France (réseau Récup’Air)

Résumé AD05-99
Bellocq A.*1,2 ; Aranda-Fernández E.2 ; Simonnot N.2
1Sce d’Explorations Fonctionnelles Respiratoires GH Pitié Salpêtrière Assistance Publique des Hôpitaux de Paris, Paris, France ; 2Réseau ARS IDF Récup’Air, Paris, France

Auteur correspondant : Bellocq A. 


Introduction

L’impact du genre sur les caractéristiques d’orientation vers un programme de RR et l’évolution au cours d’un programme a été peu étudié. Nous avons mené une analyse sur près de 800 personnes ayant effectué un programme.

Méthodes

Analyse des caractéristiques initiales, de réalisation et de l’évolution de la qualité de vie (questionnaire respiratoire du St George’s hospital SGRQ), des éléments anxiodépressifs (HAD) et de la capacité physique (lever de chaise de 3 minutes et test de pédalage à puissance constante) d’une cohorte prospective entre 2021 à 2024 de programmes de RR ambulatoire coordonnée multidisciplinaire en Ile de France avec des professionnels du réseau Récup’Air (kinésithérapeutes, diététicien·nes, psychologues).

Résultats

Parmi 789 personnes, les 417 femmes (53%) sont significativement plus jeunes (moy 62,2 vs 64,3 ans, p=0,013) avec moins de fumeuses ou d’ex-fumeuses (66% vs 82%, p< 0,001) et moins de comorbidités cardiovasculaires (44% vs 57%, p< 0,001). La différence de pathologies respiratoires chroniques (test chi2 p < 0,001), avec plus d’asthme (14,6% vs 5,4%) et de dilatation des bronches (6,7% vs 1,9%) chez les femmes, peut expliquer en partie ces différences, comme la moindre diminution de VEMS retrouvée chez les femmes (65%ref vs 61%ref p=0,012) puisque cette diminution disparait en ne considérant que les patients atteints de BPCO (59% vs 56%, p=0,17). Le statut pondéral (IMC) diffère initialement (25,6 vs 26,5 kg/m2, p=0,044) avec une surreprésentation des patients dénutris chez la femme (27% vs 15%). L’impact de la maladie est vécu plus difficilement selon la classification MMRC (p=0,045) et selon la qualité de vie (score total du SGRQ plus détérioré 49% vs 46%, p=0,018). Les éléments anxiodépressifs sont plus présents (16,2 vs 13,5 p < 0,001). Les femmes ont adhéré plus volontiers à une prise en soin psychologique (41% vs 30%, p=0,001) et tendent aussi à le faire pour une prise en soin nutritionnel (66% vs 59%, p=0,058). L’évolution du ressenti n’est pas significativement différente pour l’amélioration de la qualité de vie (-10,4 vs -8,8%, p=0,13) mais la baisse des éléments anxiodépressifs est plus marquée (-3,0 vs -2,0, p=0,014). L’amélioration de la capacité physique n’est pas différente significativement au lever de chaise de 3 minutes (+7,6 vs + 6,7, p=0,22) mais plus nette au test de pédalage à puissance constante (+691 sec vs +589 sec, p=0,021).

Conclusion

Les femmes ayant réalisé un programme ambulatoire de RR ont un statut tabagique, des pathologies respiratoires, une prévalence de pathologies cardiovasculaires et un taux de dénutrition différents de celui des hommes. Les éléments anxiodépressifs et le retentissement sur la qualité de vie et sur le vécu de la dyspnée étaient plus marqués initialement. Malgré ces différences, l’évolution en fin de programme entre hommes et femmes est similaire en amélioration de la qualité de vie avec toutefois une amélioration plus marquée des éléments anxiodépressifs chez les femmes.


Bellocq A. * ; Aranda-Fernández E. * ; Simonnot N. *
*Déclarent ne pas avoir de lien d'intérêt en rapport avec ce résumé.

 


Avec le soutien institutionnel du laboratoire GlaxoSmithKline GSK