· Abstracts CPLF 2026

Le genre n’impacte pas les résultats de la réadaptation respiratoire à domicile chez les personnes atteintes de BPCO

Résumé AD05-97
Grosbois JM.*1 ; Gephine S.1,2 ; Le Rouzic O.3
1FormAction Santé, F-59840 Pérenchies, FranceUniv. Lille, Univ. Artois, Univ. Littoral Côte D’opale, EA 7369 - URePSSS - Unité de Recherche Pluridisciplinaire Sport Santé Société, F-59000 Lille, France ; 2Univ. Lille, CHU Lille, CNRS, Inserm, Institut Pasteur de Lille, U1019 - UMR 9017- CIIL, Centre de Référence Constitutif des Maladies Pulmonaires Rares, F-59000 Lille, France

Auteur correspondant : Gephine S. email


Introduction

Des études antérieures ont montré une différence de présentation et d’impact de la BPCO selon le genre. L’objectif de ce travail était d’évaluer rétrospectivement sur une période de 15 ans, l’efficacité de la RR supervisée en présentiel à domicile chez des personnes atteintes de BPCO en fonction de leur identité de genre (femmes vs hommes).

Méthodes À la suite d’un bilan éducatif partagé (BEP), le triptyque indispensable de la RR, comprenant l’éducation, l’accompagnement psychosocial et motivationnel et le réentrainement à l’effort, était mis en place au cours d’une séance hebdomadaire supervisée de 90 minutes à domicile, pendant 8 semaines. Les séances individuelles étaient supervisées par un référent unique (care manager) et en présence de l’aidant si applicable et si désiré. La qualité de vie (CAT et VSRQ), la fatigue (FAS), les symptômes anxieux et dépressifs (HAD), la dyspnée (mMRC et Dyspnea 12), la tolérance à l’effort (TS6) et la capacité fonctionnelle (TUG) ont été évalués au début (T0) et à la fin (T2) de la RR.

Résultats

Entre Janvier 2010 et Mai 2025, un BEP a été réalisé au domicile de 1798 personnes atteintes de BPCO : 633 (35,2%) femmes et 1165 (64,8%) hommes. La proportion de femmes intégrant une RR à domicile augmentait dans le temps (29% de 2010 à 2015, 34% de 2016 à 2020 et 40% de 2021 à 2025, p=0,018). Comparativement aux hommes à T0, les femmes étaient en moyenne plus jeunes (63,2 vs 66,9 ans, p< 0,001), avec une obstruction bronchique moins sévère (VEMS : 43,6 vs 41,4%, p< 0,001), un niveau de précarité plus élevé (score EPICES : 41,6 vs 37,2 points, p< 0,001), une meilleure capacité fonctionnelle (TUG : 9,8 vs 10,8 secondes, p=0,008) et davantage de symptômes anxieux et dépressifs (respectivement 10,6 vs 8,5 et 8,1 vs 7,6 points, p< 0,02). Les deux groupes amélioraient significativement l’ensemble des paramètres évalués à T2 (p< 0,001). Une amélioration clinique, correspondant à l’atteinte du changement clinique minimal détectable (MCID), était retrouvée dans les deux groupes pour le CAT, VSRQ, Dyspnea 12, TUG, TS6 et les symptômes de dépression, mais pas pour le FAS et les symptômes d’anxiété.

Conclusion

Cette étude rétrospective conduite dans la « vraie vie » sur une large cohorte de personnes atteintes de BPCO démontre l’efficacité d’un programme de RR transdisciplinaire entièrement réalisé à domicile quel que soit l’identité de genre de la personne. Les différences initiales entre les hommes et les femmes, et l’augmentation croissante de la proportion de ces dernières dans une RR à domicile, soulignent l’importance de la personnalisation des programmes en fonction des besoins et projets de la personne et du « aller vers ».


Grosbois JM.  ; Gephine S.  ; Le Rouzic O. *
*Déclare ne pas avoir de lien d'intérêt en rapport avec ce résumé.