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Introduction
L’histoire naturelle de l’histiocytose langerhansienne pulmonaire (HLP) est imprévisible, allant des formes bénignes de résolution spontanée à l’insuffisance respiratoire chronique avec hypertension pulmonaire. L’identification de biomarqueurs pronostiques constitue donc un objectif essentiel pour détecter précocement les patients à risque d’évolution défavorable et adapter leur prise en charge thérapeutique. Cette étude avait pour objectif d’évaluer les taux sanguins de différents médiateurs mesurés au moment du diagnostic chez des patients atteints d’HLP et d’explorer leur association avec l’évolution du volume expiratoire maximal en une seconde (VEMS).
Méthodes
Nous avons utilisé des immunodosages multiplex pour mesurer les concentrations sériques de 30 cytokines, chimiokines, facteurs de croissance et métalloprotéinases, sélectionnés à partir de d’une étude préliminaire de 83 médiateurs comparant des patients atteints d’HLP et des fumeurs sains. L’étude a porté sur un sous-groupe de patients issus de la cohorte prospective du Centre national de référence des histiocytoses, pour lesquels un échantillon sanguin était disponible au moment du diagnostic. Dans cette cohorte, deux profils évolutifs du VEMS ont été identifiés : un profil stable (groupe 1), majoritaire, et un profil caractérisé par un déclin significatif du VEMS au cours du suivi (groupe 2). Les patients du groupe 2 ont été appariés avec des patients du groupe 1 selon l’âge, le sexe et la consommation quotidienne de tabac, facteurs connus pour influencer les concentrations des biomarqueurs sanguins. Les comparaisons des concentrations entre les deux groupes ont été réalisées à l’aide de modèles de régression logistique multivariés, ajustés sur ces variables d’appariement.
Résultats
Neuf patients du groupe 2 ont été appariés à 16 patients du groupe 1. Les patients inclus dans chaque groupe étaient représentatifs de leur groupe respectif de l’ensemble de la cohorte. Les concentrations sériques du TNF-α et de la MMP-7 étaient significativement plus élevées chez les patients du groupe 2. Le taux médian de TNF-α étai de 137 [75–358] pg/mL dans le groupe 2 et de 60 [45–92] pg/mL dans le groupe 1 (p=0,032). De même, le taux médian de MMP-7 était de 16 [13–18] pg/mL dans le groupe 2 vs 12 [9,8–13] pg/mL dans le groupe 1 (p=0,047). Une corrélation négative significative a été observée entre les taux de MMP-7 et les valeurs de VEMS au diagnostic (rho=–0,65, p=0,001), mais pas pour le TNF-α (rho=–0,33, p=0,14). D’autre part, les concentrations des chimiokines CCL19, CCL1, CCL17, CXCL13, CXCL11 et de la cytokine IL-7 différaient entre les deux groupes, au seuil de significativité statistique de p < 0,10.
Conclusion
Le TNF-α et la MMP-7 apparaissent comme des biomarqueurs sanguins pronostiques potentiels de l’HLP, permettant d’identifier, dès le diagnostic, les patients à risque de déclin de la fonction pulmonaire. Leur dosage, simple à réaliser, pourrait contribuer à une meilleure stratification initiale des patients. Ces résultats nécessitent d’être confirmés dans une cohorte de validation indépendante.
Références
[1] Benattia et al. ERJ Open Res. 2025 ;11(1) : 00864-2024