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Résumés CPLF 2026 

Oncotho - ICU : étude rétrospective des facteurs pronostiques de la survie des patients atteints d'un cancer bronchique admis en réanimation

Résumé AD06-114
Dorges C.*1,1 ; Preux S.2,2 ; Komaroff A.3,1 ; Wallet F.4,2 ; Couraud S.5,1 ; Grolleau E.6,1 ; Marignan (de) D.7,2
1Service de Pneumologie aiguë spécialisée et cancérologie Thoracique, Hôpital Lyon Sud (Hospices Civils de Lyon), Oullins-Pierre-Bénite, France ; 2Service d'anesthésie-Réanimation- Médecine intensive, Hôpital Lyon Sud (Hospices civils de Lyon), Oullins-Pierre-Bénite, France

Auteur correspondant : Capucine D. 


Introduction

Le cancer du poumon est le 3ème cancer le plus fréquent en France et la principale cause de décès lié au cancer dans le monde en 2023. Le pronostic des patients atteints d'un cancer bronchique reste sombre, posant la question de la pertinence de leur admission en réanimation. Toutefois, les progrès récents de l'oncologie thoracique, notamment l'avènement de l'immunothérapie et des thérapies ciblées, ont transformé le pronostic de ces patients. Une nouvelle évaluation de leur devenir en réanimation paraissait donc nécessaire.

Méthodes

Nous avons conduit une étude retrospective multicentrique incluant tous les patients atteints d'un cancer pulmonaire actif admis en réanimation aux Hospices Civils de Lyon entre janvier 2021 et décembre 2023.

Les données recueillies concernaient les antécédents, le statut oncologique, nutritionnel et fonctionnel, ainsi que les caractéristiques du séjour en réanimation (score SOFA, motifs d'admission, complications, thérapeutiques invasives). L'objectif principal était la survie à 6 mois. Les objectifs secondaires comprenaient l'analyse des facteurs pronostiques précoces à l'admission et à 48h.

Résultats

Parmi 429 patients identifiés, 281 ont finalement été inclus dans notre cohorte. La mortalité à 6 mois atteignait 66,9%, dont 32% en réanimation. Les patients décédés présentaient plus souvent une dénutrition, un séjour hospitalier préalable prolongé et un score SOFA élevé. Ils présentaient également un délai plus court entre le diagnostic initial et l'admission en réanimation. À l'admission, l'hospitalisation en réanimation pour complication directement liée à la tumeur, la présence d'un sepsis ou d'une détresse respiratoire étaient associée à une mortalité accrue.

Après 48h de prise en charge, la mortalité à 6 mois restait liée au statut métastatique, au nombre de défaillances d'organes et à une admission liée à la tumeur.

Parmi les survivants, près de la moitié ont repris leur traitement oncologique et plus de la moitié avaient un PS score < /=1 à 6mois.

Conclusion

La survie des patients atteints d'un cancer pulmonaire admis en réanimation demeure faible, mais une proportion significative retrouve une qualité de vie satisfaisante et la possibilité de poursuivre leur traitement. Nos résultats suggèrent que la sévérité initiale conditionne la survie immédiate tandis que les caractéristiques oncologiques influencent plus fortement la survie à long terme.

De façon inattendue, les patients récemment diagnostiqués d'un cancer bronchique avant leur admission en réanimation présentaient une survie plus faible.

Aucune association claire n'a été retrouvée avec les caractéristiques oncologiques, probablement par manque de puissance statistique. Des études prospectives semblent nécessaires pour affiner les critères d'admission.


Dorges C. * ; Preux S. * ; Komaroff A. * ; Wallet F. * ; Couraud S. * ; Grolleau E. * ; Marignan (de) D. *
*Déclarent ne pas avoir de lien d'intérêt en rapport avec ce résumé.

 


Avec le soutien institutionnel du laboratoire GlaxoSmithKline GSK