· Abstracts CPLF 2026

Efficacité et tolérance du pembrolizumab avec ou sans pemetrexed en traitement de maintenance de carcinomes broncho-pulmonaires non à petites cellules, non épidermoïdes de stade avancé

Résumé AD06-110
Decayeux A.*1 ; Orione C.1 ; Gut-Gobert C.2 ; Tromeur C.2 ; Couturaud F.2 ; Bizien N.2 ; Quéré G.3 ; Corre R.2 ; Descourt R.3
1Service de Pneumologie, Centre Hospitalier de Quimper, France ; 2Service de Pneumologie, Centre Hospitalo-Universitaire de Brest, France ; 3Service d'oncologie, Centre Hospitalo-Universitaire de Brest, France

Auteur correspondant : Decayeux A. email


Introduction

Le traitement de première ligne du cancer du poumon non à petites cellules, non épidermoïde (CBPNPCnE), de stade avancé sans altération génique actionnable (EGFR, ROS, ALK), repose sur la combinaison de pembrolizumab (anticorps monocolonal anti-PD1) avec une chimiothérapie (doublet de pemetrexed-platine) en traitement d'induction, suivi d'un traitement de maintenance associant pemetrexed et pembrolizumab en l'absence de progression tumorale. En pratique clinique, de nombreux patients arrêtent le pemetrexed en traitement de maintenance, souvent pour des raisons de toxicité liée au médicament, tout en continuant le pembrolizumab. Les données sur l'efficacité du pembrolizumab avec ou sans pemetrexed en phase de maintenance font défaut.

Méthodes

Nous avons réalisé une étude rétrospective, non interventionnelle, dans deux centres, en vie réelle, incluant 179 patients présentant un CBNPCnE traités par au moins 4 cycles de pembrolizumab-pemetrexed-platine suivis d'une combinaison de maintenance par pembrolizumab-pemetrexed ou monothérapie par pembrolizumab. L'objectif de l'étude était d'évaluer l'efficacité et la tolérance du pembrolizumab, associé ou non au pemetrexed en traitement de maintenance. Le critère de jugement principal était la survie sans progression (SSP), depuis le début de la maintenance dans les groupes pembrolizumab-pemetrexed et pembrolizumab monothérapie.

Résultats

Entre le 1er décembre 2019 et le 1er décembre 2022, 331 patients ont reçu au moins 1 cycle de traitement d'induction. 179 patients ont été inclus dans l'analyse finale. En traitement de maintenance, 39 patients recevaient le pembrolizumab seul et 140 recevaient le pembrolizumab associé pemetrexed. L'âge moyen était de 62,8 ans, 60,9% de la population était des hommes, 7,4% avaient un ECOG-PS≥2 dont 18,9% dans le groupe pembrolizumab seul et 4% dans le groupe pemetrexed-pembrolizumab,18% des patients avaient reçu des corticoïdes oraux. Sur l'ensemble de l'effectif : 96,1% d'adénocarcinomes, 84,9% de stade IV, 43,6% PD-L1 TPS < 1%, 44% de mutation KRAS. Il n'y avait pas de différence significative des caractéristiques tumorales dans les deux groupes concernant le statut PD-L1, KRAS, types et nombre de sites métastatiques. Le taux de réponse à l'induction était 54,2% sans différence significative entre les deux groupes. La durée médiane du traitement de maintenance était de 6,8 mois, avec une médiane de 4 cycles pour le pemetrexed et de 10 cycles pour le pembrolizumab. La SSP médiane était de 7,1 mois dans le groupe pembrolizumab seul et de 11 mois dans le groupe pembrolizumab-pemetrexed (p=0,89). Ce résultat est également observé dans l'analyse multivariée avec un hazard ratio de 1,03 (IC95% [0,64-1,64], p=0,911). La survie globale médiane était de 30,7 mois dans le groupe pembrolizumab et 31,1 mois dans le groupe pembrolizumab-pemetrexed (p=0,62). Nous avons observé plus d'effets indésirables (principalement hématologique) dans le groupe pembrolizumab-pemetrexed.

Conclusion

Nous n'avons pas observé dans cette étude de différence significative de SSP entre les groupes pemetrexed-pembrolizumab et pembrolizumab en monothérapie en traitement de maintenance.

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Decayeux A. * ; Orione C. * ; Gut-Gobert C. * ; Tromeur C. * ; Couturaud F. * ; Bizien N. * ; Corre R. * ; Descourt R. *
*Déclarent ne pas avoir de lien d'intérêt en rapport avec ce résumé.