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Introduction
La tuberculose (TB) est une infection chronique d’origine bactérienne pouvant toucher plusieurs organes. Si la forme pulmonaire reste prédominante, les localisations extrapulmonaires (TEP) constituent également un défi diagnostique et thérapeutique, en particulier dans les pays à forte endémie. L’objectif de notre étude était de décrire les caractéristiques épidémiologiques et cliniques des patients atteints de TB et d’identifier les facteurs associés à la survenue des formes extrapulmonaires.
Méthodes
Une étude rétrospective descriptive et analytique a été menée à l’hôpital des Forces de Sécurité Intérieure entre janvier 2015 et décembre 2024, incluant tous les cas de tuberculose. Les données démographiques et cliniques ont été analysées. Une analyse univariée puis multivariée a été réalisée pour identifier les facteurs associés aux localisations extrapulmonaires.
Résultats
Au total, 105 cas de TB ont été recensés, avec un sex-ratio H/F de 1,44. La TEP représentait 60% des cas (n=63), contre 40% pour la tuberculose pulmonaire (n=42). L’atteinte ganglionnaire, essentiellement cervicale, était la plus fréquente (28,6%), suivie des formes pleurale et péritonéale (10,5% chacune). Les localisations génito-urinaires (5,7%), coliques (2,8%) et spondylodiscites (1,9%) étaient plus rares. La TEP concernait plus souvent les femmes (54% vs 46%), tandis que la tuberculose pulmonaire (TP) prédominait nettement chez les hommes (78,6% ; p < 0,001). La TP était fortement associée au tabagisme (61,9% vs 22,2% ; p < 0,001), à des symptômes respiratoires (toux, expectoration, hémoptysie ; p < 0,001) et à l’asthénie/anorexie (56,1% vs 34,9% ; p=0,03). En revanche, les lymphadénopathies (47,6% vs 0% ; p < 0,001) et les douleurs abdominales (22,2% vs 0% ; p=0,001) étaient plus fréquentes dans la TEP. Le diagnostic reposait sur des preuves microbiologiques pour la TP, et principalement histologiques pour les TEP (71,4%, p < 0,001). En analyse multivariée, le tabagisme était identifié comme un facteur de risque indépendant de TP (OR=5,687 ; IC 95% : 2,405–13,448 ; p < 0,001).
Conclusion
Dans notre cohorte, la TEP était plus fréquente, notamment chez les femmes, avec une prédominance des formes ganglionnaires. À l’inverse, la TP est associée au sexe masculin, au tabagisme et aux symptômes respiratoires, le tabac constituant un facteur de risque indépendant. Ces résultats soulignent l’intérêt d’adapter le dépistage et la prise en charge en fonction du profil des patients.