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Introduction
L’adénocarcinome pulmonaire chez les non-tabagiques représente une entité clinique particulière souvent associée à une évolution silencieuse.
Méthodes
Etude rétrospective incluant 43 patients non-fumeurs suivis et traités pour adénocarcinome pulmonaire primitif au service de pneumologie IBN Nafis de l’hôpital Abderrahmane Mami, Ariana, Tunisie entre 01/01/2018 et 31/12/2024. La date de point a été fixée au 31/12/2024. Les patients ont été répartis en deux groupes : G1=opérés (n=4) G2=non opérés (n=39). Les patients opérés ont eu une lobectomie avec un curage ganglionnaire.
Résultats
Comparativement aux non opérés (G2), le groupe opéré (G1) se composait exclusivement de femmes (100% vs 82,1%, p=0,55). L’âge moyen au diagnostic était similaire entre les deux groupes (G1 : 58,5±10,7 ans vs G2 : 59,1±11,3 ans ; p=0,9). Le délai médian entre l’apparition des premiers symptômes et l’hospitalisation était plus court chez les patients opérés (G1 : 57,5 jours vs G2 : 128 jours). L’analyse des stades au diagnostic a montré que tous les patients opérés étaient diagnostiqués à un stade localisé (IA à IIB) alors que les patients de G2 étaient majoritairement diagnostiqués aux stades avancés (IIIA à IVB) de façon significative (p < 0,001). Sur le plan biologique, les patients de G1 présentaient un profil inflammatoire moins marqué avec des valeurs moyennes du ratio neutrophiles/Lymphocytes (3,05 vs 4,20) et du ratio plaquettes/Lymphocytes (141,2 vs 189,2) inférieures à celles de G2. Le délai de réalisation de la fibroscopie bronchique était également significativement plus court dans G1 (1 jour vs 6,67 jours ; p=0,04). En revanche, le délai entre l’hospitalisation et la confirmation histologique était plus long dans G1 (75,3 jours vs 16,3 jours). Les antécédents respiratoires étaient absents chez tous les patients de G1 contre 10,3% dans G2 (p=0,9). La première consultation s’était faite en médecine générale dans 100% des cas chez G1 contre 38,5% chez G2 (p=0,591). Enfin, l’évolution était significativement plus favorable chez les opérés : 75% des patients (n=3) de G1 étaient vivants à la date de point contre seulement 15,4% dans G2 (n=6) (p=0,02).
Conclusion
Notre étude montre que chez les patients non tabagiques la chirurgie curative s’est avérée significativement associée à une meilleure survie. Un profil exclusivement féminin, des délais de prise en charge plus courts et une moindre inflammation systémique caractérisaient les patients opérés soulignant l’importance d’un repérage précoce et d’un accès rapide à une stratégie thérapeutique curative.