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Introduction
Malgré l’introduction de l’immunothérapie en 2019, le pronostic du cancer du poumon à petites cellules (CPC) à un stade disséminé demeure défavorable, avec un taux de survie à 5 ans de seulement 12%. Un petit sous-groupe de patients atteint une survie prolongée, mais leurs caractéristiques cliniques et biologiques restent mal définies. L’objectif de l’étude LORELI est de décrire les caractéristiques tumorales, cliniques et biologiques associées à un contrôle tumoral prolongé chez les patients traités par chimio-immunothérapie de première ligne.
Méthodes
Nous avons mené une étude de cohorte multicentrique, rétrospective et observationnelle en Bretagne, incluant des patients diagnostiqués avec un ES-SCLC entre janvier 2017 et janvier 2023, sans progression clinique ou radiologique dans les 12 mois suivant l’initiation de la chimiothérapie-immunothérapie. À titre comparatif, nous avons utilisé la base de données ESME (Epidemio-Strategy and Medical Economics) Cancer du Poumon, incluant des patients atteints d'un CPC disséminé diagnostiqués au CHU de Rennes entre 2016 et 2023.
Résultats
Trente-deux patients présentant un contrôle carcinologique prolongé ont été identifiés dans les huit centres investigateurs. Ils étaient plus fréquemment de sexe féminin (p=0,0127) et présentaient un score de performance ECOG de 0 (p=0,0136). La survie sans progression (SSP) médiane était de 29,4 mois. Les facteurs indépendamment associés à une survie plus courte à 18 mois comprenaient la présence de métastases hépatiques (HR=6,98 ; IC 95% [1,41–34,55] ; p=0,0173), un ECOG PS≥2 (HR=21,45 ; IC 95% [3,11–148,04] ; p=0,0052), et une taille de la tumeur primaire plus importante (HR=1,31 ; IC 95% [1,05–1,64] ; p=0,0181).
Conclusion
L’étude LORELI confirme que le sexe féminin et un bon état général (ECOG PS 0–1) constituent des facteurs pronostiques favorables de survie à long terme dans le CPC avancé à l'ère de l'immunothérapie. À l’inverse, la présence de métastases hépatiques, un mauvais état général (ECOG PS≥2) et une taille tumorale plus importante au diagnostic étaient indépendamment associés à une diminution de la survie à 18 mois.