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Introduction
Le CBPC est une pathologie particulièrement agressive, associée à une forte mortalité et à un besoin médical non satisfait. Dans ce contexte, les données en vie réelle sont essentielles pour mieux comprendre le fardeau de la maladie et le pronostic en dehors des essais cliniques. Cette étude vise à décrire les caractéristiques cliniques, la répartition des patients selon les lignes de traitement et leur survie dans une cohorte nationale française.
Méthodes
Les patients diagnostiqués avec un CBPC en 2020 et traités en première (1L), deuxième (2L) ou troisième ligne (3L) ont été identifiés à partir de l’étude ESCAP-2020, une étude ancillaire de KBP-2020, cohorte prospective menée dans des centres hospitaliers généraux en France. Les caractéristiques cliniques au diagnostic, la distribution des patients par ligne, ainsi que la survie globale (SG) et la survie sans progression en vie réelle (SSP, évaluée par les médecins), ont été décrites à partir du début de chaque ligne de traitement. La sensibilité au platine en 1L a été définie selon l’intervalle sans chimiothérapie : progression/début de la 2L < 90 jours (réfractaire/résistant) ou≥90 jours (sensible).
Résultats
Parmi les 7 219 patients inclus avec un cancer bronchique primitif, 910 (12,6%) ont été diagnostiqués avec un CBPC en 2020. Parmi eux, 758 patients (83,3%) ont reçu une 1L, 326 (35,8%) une 2L et 144 (15,8%) une 3L. En 1L, 80,5% étaient diagnostiqués au stade étendu (SE), 16,5% au stade limité (SL) et 3% avaient un stade manquant. L’âge moyen au début de 1L était de 65,6 ans (ET : 9,9) pour les SL et 67,0 ans (ET : 8,6) pour les SE. Les femmes représentaient 36,8% (SL) et 34,3% (SE) des patients. Comparés aux SE, les patients SL présentaient un meilleur statut de performance ECOG au diagnostic (0/1 : 88,7% vs 68,6%). La majorité des patients, tous stades confondus, avaient des antécédents de tabagisme (environ 95%). Le délai moyen entre le diagnostic et l'initiation de la 1L était de 20,1 jours (SL) et 16,1 jours (SE). Parmi les patients ayant progressé ou reçu une 2L, 79% des patients SL étaient platine-sensibles contre 37% des patients SE.
En 2L et 3L, les âges moyens étaient de 66,0 ans (ET : 8,7) et 66,5 ans (ET : 7,5), respectivement. Les proportions de femmes (35,3% vs 36,8%), de fumeurs (95,1% vs 94,4%) et de patients diagnostiqués SE (82,3% vs 83,3%) étaient similaires. Au diagnostic, des métastases hépatiques et cérébrales étaient observées chez 33,4%/19,3% (2L) et 31,3%/20,1% (3L). Les patients en 3L présentaient un meilleur état général au diagnostic, avec 88,7% ECOG 0/1 contre 83,8% en 2L.
Les résultats de survie sont détaillés par ligne dans la Table 1. Les patients SL présentaient une survie supérieure aux patients SE (SG en 1L : 24,6 vs 8,0 mois), avec une diminution progressive de la survie en 2L (5,9 mois) et en 3L (4,3 mois).
Conclusion
Cette étude met en évidence une attrition importante entre les lignes de traitement ainsi que de faibles durées de survie, en particulier chez les patients recevant des traitements en lignes ultérieures. Ces données en vie réelle soulignent l’urgence de disposer d’options thérapeutiques plus efficaces, notamment au-delà de la première ligne.