· Abstracts CPLF 2026

Prévalence de la tuberculose chez les travailleurs des SPA traditionnels au Maroc

Résumé PO12-344
Abrar S.*1 ; Ikrou H.1 ; Baani G.1 ; Halloumi O.1 ; Abdala S.1 ; Serhane H.1
11 Service de Pneumologie, CHR HASSAN II, CHU Souss-Massa, laboratoire LARISS, FMPA, UIZ - Agadir (Maroc)

Auteur correspondant : Abrar S. email


Introduction

La tuberculose reste un problème majeur de santé publique au Maroc. Sa transmission aérienne est favorisée par les espaces clos, mal ventilés et à forte densité humaine. Les travailleurs des centres de bains traditionnels (SPA marocains), régulièrement exposés aux fumées de bois et en contact étroit avec une clientèle nombreuse, représentent une population à risque mais rarement étudiée. L’objectif de cette étude était d’évaluer la prévalence de la tuberculose et d’identifier les principaux facteurs associés chez les travailleurs de ces structures.

Méthodes

Une étude transversale descriptive a été menée entre avril et juillet 2025 au Centre Hospitalier Régional d’Agadir. Ont été inclus tous les travailleurs de SPA traditionnels hospitalisés pour tuberculose active durant cette période. Les données ont été recueillies à l’aide d’un questionnaire structuré et analysées avec le logiciel SPSS 26,0.

Résultats

L’étude a inclus 16 travailleurs de SPA traditionnels hospitalisés pour tuberculose active au service de pneumologie de l’hôpital Hassan II d’Agadir entre avril et juillet 2025. L’âge moyen des participants était de 34±8 ans, avec des extrêmes allant de 22 à 49 ans. Parmi eux, 75% étaient des femmes (n=12) et 25% des hommes (n=4). Ils exerçaient dans leur métier depuis 9±5 ans, travaillant en moyenne 5,5 jours par semaine et 9 heures par jour.

Le tabagisme actif était retrouvé chez tous les hommes (25% de l’ensemble, n=4), avec une consommation moyenne de 11 paquets-années. 3 participants (18,8%) avaient des antécédents personnels de tuberculose, et 2 autres (12,5%) présentaient des comorbidités chroniques telles que le diabète ou la BPCO. Aucun cas de séropositivité VIH n’a été signalé.

Tous les travailleurs exerçaient dans des SPA traditionnels, caractérisés par un chauffage au bois et une exposition régulière aux fumées, sans ventilation adéquate dans les locaux. La promiscuité des conditions de vie était rapportée chez dix participants (62,5%), renforçant le risque d’exposition supplémentaire.

Sur le plan clinique, la tuberculose pulmonaire était la forme la plus fréquente (68,8%, n=11), suivie de la tuberculose pleurale (18,8%, n=3) et de la forme miliaire (12,5%, n=2). Après guérison, 75% des participants prévoyaient de reprendre leur activité, parmi lesquels 83,3% déclaraient vouloir utiliser systématiquement un masque respiratoire pour limiter le risque de réinfection ou de transmission à la clientèle.

Conclusion

Cette étude met en évidence une forte vulnérabilité des travailleurs de SPA à la tuberculose, liée à la fois aux déterminants sociaux et aux conditions professionnelles spécifiques, notamment l’exposition aux fumées de bois dans les structures traditionnelles et l’absence de ventilation adéquate. Elle souligne l’urgence d’intégrer ce groupe dans les programmes de prévention nationale par la mise en place de mesures institutionnelles adaptées, contribuant ainsi aux efforts du Maroc pour le contrôle et l’élimination de la tuberculose.


Abrar S. * ; Ikrou H. * ; Baani G. * ; Halloumi O. * ; Abdala S. * ; Serhane H. *
*Déclarent ne pas avoir de lien d'intérêt en rapport avec ce résumé.