· Abstracts CPLF 2026

Impact psychologique de la tuberculose : Comment la maladie affecte l’humeur, le sommeil et la qualité de vie

Résumé PO12-343
Abrar S.*1 ; Baani G.1 ; Ikrou H.1 ; Halloumi O.1 ; Abdala S.1 ; Serhane H.1
11 Service de Pneumologie, CHR HASSAN II, CHU Souss-Massa, laboratoire LARISS, FMPA, UIZ - Agadir (Maroc)

Auteur correspondant : Abrar S. email


Introduction

La tuberculose reste une maladie infectieuse lourde de conséquences, particulièrement dans les pays à forte endémie. Au-delà des manifestations physiques classiques, elle affecte profondément la santé mentale des patients, entraînant des troubles de l’humeur, des perturbations du sommeil et une dégradation globale de la qualité de vie. Pour évaluer ces impacts de façon précise et complète, une approche multidimensionnelle est essentielle.

Méthodes

Dans le cadre d’une étude menée au service de pneumologie de l’hôpital Hassan II d’Agadir, 41 patients atteints de tuberculose ont été évalués entre février et août 2025.

Trois outils complémentaires ont été utilisés :

l’Inventaire de Dépression de Beck (BDI) pour mesurer la sévérité des symptômes dépressifs, le Pittsburgh Sleep Quality Index (PSQI) pour apprécier la qualité du sommeil, le questionnaire WHOQOL-BREF pour évaluer la qualité de vie dans ses dimensions physique, psychologique, sociale et environnementale. L’analyse statistique a été réalisée à l’aide du logiciel SPSS version 26, afin d’étudier les corrélations entre la gravité de la tuberculose et ses répercussions psychologiques.

Résultats

L’étude a inclus 41 patients atteints de tuberculose, dont l’âge moyen était de 28±12 ans, avec une prédominance masculine de 60,9%. L’évaluation de l’humeur à l’aide de l’Inventaire de Dépression de Beck (BDI) a révélé que 36,5% des patients présentaient des symptômes dépressifs, répartis en dépression légère (14,6%), modérée (17,07%) et sévère (4,8%), tandis que 63,4% ne manifestaient aucun signe dépressif.

Concernant la qualité du sommeil, le score moyen obtenu au Pittsburgh Sleep Quality Index (PSQI) était de 11, indiquant une mauvaise qualité du sommeil chez 78,04% des patients. Parmi eux, 56,09% rapportaient des réveils nocturnes fréquents, et 39,02% mentionnaient des difficultés respiratoires perturbant leur sommeil.

L’évaluation globale de la qualité de vie réalisée grâce au questionnaire WHOQOL-BREF a donné un score moyen de 48 (sur 100), indiquant une altération modérée de la qualité de vie dans l’ensemble des dimensions physiques, psychologiques, sociales et environnementales. Une proportion importante des patients (58,5%) estimait que la tuberculose avait un impact négatif sur leur vie quotidienne. De plus, 48,78% évitaient certaines activités sociales ou physiques liées à leur état, et 46,3% exprimaient une frustration marquée, notamment due aux contraintes imposées par la maladie et à un isolement social ressenti.

Les analyses statistiques ont montré des corrélations significatives entre la sévérité clinique de la tuberculose et le degré de dépression (r=0,58, p < 0,01), ainsi qu’avec la qualité du sommeil (r=0,52, p < 0,01). Par ailleurs, une corrélation inverse significative a été trouvée entre la qualité du sommeil et la qualité de vie mesurée par le WHOQOL-BREF (r=-0,62, p < 0,005), ce qui souligne la forte interdépendance entre ces différentes dimensions.

Conclusion

La tuberculose entraîne un retentissement psychologique et social majeur, marqué par la dépression, les troubles du sommeil et une altération de la qualité de vie. Une prise en charge holistique, associant traitement antituberculeux et accompagnement psychologique, est indispensable pour améliorer le bien-être et le pronostic global des patients.


Abrar S. * ; Baani G. * ; Ikrou H. * ; Halloumi O. * ; Abdala S. * ; Serhane H. *
*Déclarent ne pas avoir de lien d'intérêt en rapport avec ce résumé.