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Introduction
Le bénéfice potentiel de la corticothérapie (CT) dans la tuberculose reste débattu. Objectif : Décrire les circonstances de prescription et l’impact de la corticothérapie adjuvante dans la tuberculose grave (TG).
Méthodes
Étude rétrospective, descriptive et analytique menée sur une période de 12 ans, incluant 120 patients atteints de tuberculose forme grave. Les patients ont été répartis en deux groupes : G1 : patients ayant reçu une corticothérapie (n=64) et G2 : patients sans indication de corticothérapie (n=56). Les formes graves étaient définies par la présence d’au moins un des critères suivants : atteinte pulmonaire étendue (plus d’un lobe), présentation initiale par une insuffisance respiratoire aiguë (IRA) ou une hémoptysie massive, et présence d’une atteinte extrapulmonaire associée.
Résultats
Un total de 120 patients (âge moyen : 45 ans, 66% d’hommes) a été inclus : 59% étaient des fumeurs actifs, 7,6% utilisaient des drogues (G1 : 6,5% vs G2 : 9,2%, p=0,501). Les comorbidités étaient plus fréquentes dans le groupe G1 (41,8% vs 17,3%, p=0,130).
L’insuffisance respiratoire aiguë était significativement plus fréquente dans G1 (81% vs 3,8%, p < 0,0001). La tuberculose était significativement plus étendue dans G1 (>2/3 du parenchyme pulmonaire à la radiographie, p=0,001). Il n’y avait pas de différence significative quant à la prévalence des formes pulmonaires ou extrapulmonaires entre les deux groupes (p>0,05). Les indications de la corticothérapie étaient : l’atteinte neuroméningée (n=4), l’IRA (n=51), la tuberculose miliaire (n=8), la spondylodiscite (n=1). La corticothérapie a permis de réduire la durée de la dépendance à l’oxygène et de raccourcir la durée d’hospitalisation (p=0,001). La durée totale du traitement antituberculeux était également plus courte en moyenne dans G1 (5,7 mois vs 6,9 mois ; p=0,49). La corticothérapie n’a pas eu d’impact significatif sur les séquelles radiologiques (G1 : 40,6% vs G2 : 37,5%), le risque de rechute (G1 : 11,4% vs G2 : 9,6%) et la mortalité (p=0,984).
Conclusion
La corticothérapie joue un rôle dans la prise en charge de l’insuffisance respiratoire aiguë dans les formes sévères de tuberculose. Des études supplémentaires avec des critères de jugement bien définis sont nécessaires pour évaluer l’impact pronostique réel de la corticothérapie adjuvante.